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L’EI décapite le directeur du site archéologique de Palmyre

La tragédie antique continue, et s’accentue alors que depuis la prise de Palmyre, en mai dernier, le monde scientifique regarde avec inquiétude l’avancée du groupe Etat Islamique et les destructions massives qui témoignent de leur passage. Ce 18 août, le directeur du département des antiquités de Syrie vient d’annoncer la mort par décapitation du directeur du site archéologique de Palmyre.

Palmyre

La scène est cauchemardesque : le groupe Etat Islamique, après avoir décapité le directeur du site archéologique de Palmyre, a suspendu son corps à une colonne, sur l’une des places principales du site historique, et diffusé les photos sur les réseaux sociaux. On « attendait » depuis mai l’action destructrice de l’EI sur ce site pris aux mains du gouvernement syrien en mai dernier. Cependant, aucune nouvelle de destructions massives n’avait été jusqu’alors annoncée. La communauté scientifique avait tremblé lorsqu’en juin, les principaux monuments de ce site mondial de l’UNESCO avaient été en grande partie minés par les djihadistes.

Ce matin, le directeur du département des Antiquités de Syrie, Maamoun Abdulkarim, a dit avoir informé la famille de Khaled Asaad de la mort de celui-ci : ce scientifique de 82 ans travaillait depuis plus de 50 ans à la tête du département antique de Palmyre. Il était séquestré par l’EI depuis près d’un mois. « Imaginer simplement qu’un savant qui a rendu des services aussi mémorables au site et à l’Histoire a été décapité… et son corps, accroché à une des colonnes antiques de la place centrale de Palmyre… », peine à dire Abdulkarim, effondré. « La présence de ces criminels dans la cité est une présage sombre et une malédiction pour chaque colonne et chaque pierre de ce site archéologique ».

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Le site archéologique de Palmyre.

Asaad était connu pour ses travaux sur Palmyre, publié dans les revues archéologiques internationales, témoignant de la richesse incomparable de cette cité centrale, plaque tournante du commerce sur la route de la soie. Il a travaillé, ces dernières dizaines d’années, avec des missions américaines, françaises, allemandes et suisses. Avant que la cité ne soit aux prises de l’EI, le gouvernement syrien assurait que des centaines de statues avaient été déplacées en lieu sûr.

Elisabeth Raynal

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