Economie, Politique

L’encadrement des salaires du grand patronat n’est pas pour aujourd’hui

Dans le cadre d’une proposition de loi du Front de Gauche, l’amendement sur l’encadrement des salaires des grands patrons a été rejeté ce jeudi 26 avril, à une voix près (18 contre 17). Dans un hémicycle presque vide, André Chassaigne, le président du groupe « Gauche démocrate et républicaine » regroupant les députés du Front de gauche et des députés d’Outre-mer, a notamment exprimé sa déception face au gouvernement.

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Une promesse de campagne trop vite oubliée

L’encadrement des salaires des grands patrons était une promesse de campagne exprimée par François Hollande en 2012. Si un décret avait été adopté dans les cinq premiers mois de son mandat, il ne concernait que les entreprises publiques. Depuis, les salaires de ces patrons sont limités à 450 000€ bruts.  Pour les entreprises privées, rien n’est encadré. L’amendement proposé par le Front de Gauche prévoyait un écart salarial de 1 à 100, de la sorte à ce qu’un patron ne puisse pas gagner plus de 100 fois le salaire minimum (SMIC), soit 1,75 million d’euros par an.  Une autre version avait été proposée, empêchant un écart salarial maximal de 1 à 20 au sein d’une même entreprise. Ces deux amendements ont été rejetés.

Quelques avancées cependant

Michel Sapin insistait sur le caractère « inconstitutionnel » de cette mesure. D’après un communiqué appelant à voter la loi, « en France, les dirigeants des entreprises du CAC 40 ont perçu l’année dernière en moyenne 4,2 millions d’euros, soit l’équivalent de 238 fois le SMIC annuel. » Si cette mesure phare faisant face à certaines rémunérations scandaleuses n’a pas été adoptée, d’autres amendements ont été votés, et ce, contre l’avis du gouvernement. A savoir, le cumul des mandats d’administrateur de société, qui passent de cinq à deux et l’interdiction d’attribution de stock-options ou d’actions gratuites aux dirigeants de sociétés par les cadres et dirigeants d’entreprises lorsque celles-ci bénéficient d’aides de l’Etat.

Ces amendements constituent une barrière nécessaire en ces temps de chômage et de précarisation, où le grand capital semble favorisé. André Chassaigne dénonçait lors de son allocution au Parlement une « tromperie générale » et une « rupture sociale » entre les Français et les dirigeants, qui font usage d’artifices qui « rabaissent le politique et rabaissent la France. »

M.G

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