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Les arbres et jardins

À la mi-août, on pouvait lire à la Une de nombreux journaux : « La déforestation amazonienne s’accélère dangereusement au Brésil ». En effet, en juillet, elle aurait été presque quatre fois supérieure au même mois de 2018. Ainsi, depuis un an, 6 833 km2 de la forêt primaire brésilienne ont été déboisés, ce qui équivaut à 65 fois la superficie de la ville de Paris. Face à ces informations alarmantes, le chef de l’État brésilien Jair Bolsonaro parle de mensonges et rétorque : « le Brésil est à nous et pas à vous ! » Le fait de diriger ce pays donne-t-il le droit de détruire le poumon vert de la planète ?

Le cas de l’Amazonie est douloureux, mais malheureusement il n’est pas unique. Les forêts sont massacrées dans de nombreux pays au profit de divers projets de construction. La situation n’est guère différente dans nos villes où le béton avance au détriment des espaces verts. À l’instar de la place Taksim, le centre historique de Dijon est tristement bétonné. Dans le 17e arrondissement de Paris, un nouveau quartier a été construit tout autour du pont Cardinet où s’élèvent désormais des immeubles à perte de vue. On ne peut que constater la flagrante disproportion entre le béton et la verdure.

Le manque de logements ou encore la tendance galopante d’ouvrir des centres commerciaux justifient-ils l’envahissement du béton dans notre environnement ? L’avancée du béton est-elle inévitable ? En guise de réponse, j’aimerais évoquer l’exemple du jardin du quartier de Kuzguncuk, à Istanbul. Il y a environ dix ans, un très grand terrain vague se trouvait en plein centre de ce quartier. Les habitants de Kuzguncuk se sont battus pour qu’il ne soit pas vendu et pour qu’il ne soit pas remplacé par un hôtel ou un centre commercial. Aujourd’hui, ce terrain a été transformé en un jardin géré par les habitants et la mairie.

C’est difficile de lutter contre l’envahissement du béton, mais cela est nécessaire. L’avenir de notre planète en dépend.

Les sources d’inspirations

Je revois l’arbre devant le bâtiment de la Corderie Royale, au cœur de l’Arsenal maritime de Rochefort. D’une allure magnifique et rassurante, il se dresse majestueusement dans la cour, symbolisant une force tranquille et verte bien entendu.

À Giverny, dans les jardins de Claude Monet, l’un des fondateurs de l’impressionnisme, les saules pleureurs ornent admirablement le bassin de nénuphars. Ces arbres extraordinaires aux branches souples et infléchies vers le sol entourent et protègent les nénuphars, source d’inspiration des Nymphéas de Monet, symbolisant ainsi la sérénité.

Au sein de l’Atelier des Lumières à Paris, je suis entourée des fleurs et des arbres peints par Vincent Van Gogh. Entre les iris, les branches fleuries d’amandier, les cyprès, les champs de blé ou de fleurs de Hollande, défilent autour de moi les paysages peints par l’artiste, des plus sombres aux plus ensoleillés. Cette immersion dans les toiles du peintre hollandais a été rendue possible grâce à une exposition numérique d’un nouveau genre, intitulée « Van Gogh, La nuit étoilée ».

Et enfin la maison de Balzac. C’est ici que l’écrivain a passé les dernières années de sa vie, mais surtout c’est dans ce pavillon des coteaux de Passy que Balzac a eu l’inspiration et a rédigé La Comédie humaine. L’intérieur de la maison verte est impressionnant, elle est entourée par un petit jardin où l’on peut voir un drapeau rouge flotter. Et, à bien y regarder, on reconnait finalement le drapeau de l’ambassade de Turquie à Paris qui se trouve juste derrière la maison de Balzac en contre bas.

Je termine mon édito sur l’île de Marmara, connue pour ses chênes, symboles de puissance et de pérennité. Cet été, un incendie a ravagé un large territoire de forêt de chênes dans les hauteurs. En arrivant sur l’île, on découvre alors la montagne noircie à la place des nuances de vert des chênes. Un tableau bien désolant. Quelques jours plus tard, les journaux nous apprennent une bien triste nouvelle : un gigantesque feu a démarré dans cinq différentes zones d’Izmir et a ravagé 500 hectares. Face à ce désastre, on parle d’un projet de la mairie de la ville qui prévoit de planter un million d’arbres. Croisons les doigts pour qu’il se réalise.

Mireille Sadège, rédactrice en chef

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