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Les Autrichiens font barrage à l’extrême droite

Dimanche 4 décembre, les électeurs autrichiens ont élu le candidat libéral Van der Bellen à la tête de leur pays et ont ainsi renvoyé dans les cordes Norbert Hofer et son parti d’extrême droite (FPÖ).Stimmen für Van der Bellen

Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, le risque était réel que, pour la première fois depuis la création de l’Union européenne, un parti d’extrême droite prenne le pouvoir dans un de ses pays membres. Heureusement, le pire a été évité ce week-end.

En se rendant massivement aux urnes dimanche pour le second tour de la présidentielle, les électeurs autrichiens ont préféré au nationaliste de droite, Norbert Hofer, le candidat libéral et écologiste Alexander Van der Bellen. Selon les premières projections, avec 53,6% des suffrages, l’homme de 72 ans devance nettement son adversaire qui n’est pour le moment crédité que de 46,4% des voix. Les résultats définitifs ne seront connus que lundi quand les votes par correspondance auront fini d’être décomptés.

Le 22 mai dernier, l’Autriche avait déjà élu l’ancien doyen de la faculté d’économie de Vienne et ancien dirigeant des Verts, qui avait alors récolté 50,3 % des voix. Mais, à la suite d’un recours du FPÖ qui dénonçait des irrégularités de procédures, le résultat de ce premier scrutin avait été annulé.

Le FPÖ qui était encore hier, avant l’annonce des résultats, galvanisé par la montée du populisme en Europe, par le Brexit et l’élection de Donald Trump, a dû se rendre à l’évidence : le pari est perdu ! Cette fois-ci, il n’y aura pas de contestation. Dans un communiqué, Norbert Hofer, vice-président du Parlement et cadre du FPÖ depuis 25 ans, a ainsi reconnu sa défaite après l’annonce des résultats : « Je suis infiniment triste que cela n’ait pas marché  […] Je félicite Alexander Van der Bellen pour son succès et appelle tous les Autrichiens à rester solidaires et à travailler ensemble ».

Alexander Van der Bellen s’est réjoui de ces résultats et de cette victoire qui reflète une « Autriche pro-européenne ». Ses partisans en ont fait de même en laissant éclater leur joie dans la capitale autrichienne.

Le soulagement est grand au sein de l’Union européenne. Les réactions n’ont en effet pas tardé à se faire entendre. Paolo Gentiloni, le ministre des Affaires étrangères italien, a qualifié cette victoire de « bonne nouvelle pour l’Europe » alors que ses concitoyens ont rejeté, le même jour, le projet de réforme de Matteo Renzi. Quant à François Hollande, il a félicité le choix des électeurs autrichiens dans un communiqué : « Le peuple autrichien a fait le choix de l’Europe et de l’ouverture ». Un avis qui reflète celui que l’on retrouve outre-Rhin. Frank Walter Steinmeier, le chef de la diplomatie allemande, considère en effet que ce résultat constitue un « bon présage pour l’Europe ». Du côté des institutions européennes, ce sentiment est largement partagé. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a stipulé que le revers du parti populiste autrichien était un « clair message pro-européen ».

Van der Bellen prendra donc officiellement ses fonctions le 26 janvier prochain pour entreprendre un mandat de six ans.

Camille Saulas

 

 

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