Culture, Découverte, Tourisme

Les bons plans stambouliotes de la semaine : cinq musées hors des sentiers battus

Lorsqu’arrive juillet et que la chaleur écrasante ne parvient pas à décourager les hordes de touristes qui se pressent autour de Sainte Sophie et de la Mosquée Bleue, il faut sortir des sentiers battus : découvrez Istanbul au travers de parcelles de l’Histoire que la splendeur des lieux trop visités risqueraient de vous faire oublier. Nous avons visité pour vous cinq musées, proposant cinq visions de la ville aussi disparates qu’essentielles. Plongez à l’époque byzantine en admirant les scènes romaines du musée des mosaïques, montez à bord du train mythique qui sillonnait l’Europe du XIXe siècle, promettant splendeurs orientales aux Londoniens fatigués, admirez la finesse des calligraphes iraniens du XVIe siècle, ou plongez dans les délices du bain turc… Autant de façons d’apprendre en s’amusant !

Musée des mosaïques

Musee_des_mosaiquesSiège traditionnel du pouvoir depuis la fondation de Constantinople en 324, le Palatium Magnum s’étendait de Sainte Sophie et de l’hippodrome jusqu’à la côte. Mainte fois reconstruit au cours des siècles, le palais a finalement été détruit par les fondations ottomanes. Les fouilles archéologiques ont mis à jour dans les années 1930 des chefs d’œuvre du palais initial de Justinien Ier. Les meilleurs artistes de tout l’Empire se sont employés à enrichir le palais : la mosaïque conservée au centre du musée a par exemple nécessité de 75 à 80 millions de tessons de couleur. La plus grande partie des mosaïques reste encore occultée et inaccessible car les fondations du grand palais s’étendent sous les constructions actuelles de la Mosquée Bleue. Mais les trésors dévoilés aux visiteurs suffisent à féconder l’imagination ! Les pans de mosaïque retrouvés et conservés in situ foisonnent de scènes de chasse, d’animaux fantastiques, faunes, dryades et griffons, d’animaux sauvages, éléphants, singes ou serpents qui font penser à la proximité évidente de l’Asie. La vie quotidienne est dépeinte également, et l’on perçoit un sens du détail affiné, une grande précision qui confère beaucoup de vie à l’ensemble. Un grand nombre de tessons ont retrouvé leur couleur : la corrosion et les conditions environnementales défavorables avaient entraîné une perte de la couleur originale, heureusement jugulée par les techniques chimiques de restauration. Une plongée dans l’Histoire qui ravira les spécialistes des siècles de Byzance, mais aussi les amateurs qui se laisseront porter par la beauté des scènes exposées.

Arasta Çarşısı, Sultanahmet Mahallesi, Fatih

Musée de l’Orient Express

Orient_ExpressEntrez dans l’une des gares les plus célèbres du monde, pour un voyage entre Europe et Asie, entre présent et passé, sur la trace des plus illustres légendes des siècles derniers. Imaginez-vous un instant être Hemingway ou Agatha Christie, Atatürk ou Mata Ari, vous asseoir sur les mêmes bancs de bois que ceux qui ont fait l’Histoire, et contempler, par les fenêtres défraîchies du wagon, les mêmes steppes de l’Europe centrale. Partir dans la brume d’une Londres pluvieuse, s’éveiller sous les coupoles dorées de Constantinople : bienvenue dans l’Orient Express ! Aux abords de Sainte Sophie, dans une des salles mitoyennes à la gare actuelle de Sirkeçi, terminus de l’Orient Express jusqu’en 1977, le musée réunit des souvenirs épars du train mythique. Cartes routières, instruments topographiques, reliquats de tickets, de timbres, mais aussi d’outils du siècle passé – machines à écrire, poinçonneuse… Ce musée ne tient pas tant à présenter de façon exhaustive des pièces de collection, mais bien plus à recréer un univers, à plonger le visiteur dans une époque révolue, mais pas si lointaine. Un imaginaire que permet bien de saisir la reconstitution de scènes rêvées : un wagon de voyageur, le bureau du directeur, le salon de thé du train… Quelques traces marquantes de l’Histoire également, comme ces photographies de diplomates et d’écrivains à bord du direct Londres-Istanbul.

Gare de Sirkeci, Eminönü

Musée de la calligraphie turque

Musee_calligraphie_istanbulLorsque la foule vous oppresse et qu’un musée vide et frais fait rêver votre esprit, le musée de la calligraphie vous appelle. Les passionnés d’histoire et les esthètes s’y trouvent comblés. Certes, vous pouvez avoir l’impression de rentrer dans un bâtiment militaire : caméras omniprésentes, photos et vidéos strictement interdites, vous vous avancez dans un hall somptueux  sous l’œil moqueur d’Atatürk qui vous regarde du haut du mur faisant face à l’entrée. Pourtant, des œuvres d’une beauté incomparable vous attendent. Ces miniatures, produites entre le XVIe et le XVIIIe siècle, viennent d’Asie centrale, généralement d’Iran. La limite entre le Proche-Orient et l’Asie s’amenuise sur ces enluminures, perdue dans les dorures et les scènes de batailles et de vie quotidienne dépeintes avec génie. A ces magnifiques vestiges du passé, témoins d’une ère disparue, viennent s’ajouter des partitions de compositeurs français qui ont souhaité dédier leurs travaux à certains califes. Entre littérature et musique, ce musée saura vous séduire par sa beauté et son atmosphère chargée d’histoire. A savoir : le musée de la calligraphie est intégré au musée des bains turcs. Suivez donc le panneau du musée des hammams pour le trouver !

Beyazit Meydani, Eminönü

Musée des bains turcs

Musee_bains_turcsVous êtes à la recherche d’un musée original ? Vous auriez souhaité essayé un hammam mais votre budget limité ne vous permet pas de tenter l’expérience ? Le musée des bains turcs vous tend les bras. A défaut de massages et de vapeurs, venez enrichir vos connaissances. Saviez-vous que si les bains romains comportaient quatre pièces (apoditerium, frigidarium, tepidarium et caldarium), les bains turcs ont éliminé le frigidarium ? Parmi ces quelques anecdotes, vous pourrez lire les témoignages de femmes occidentales qui se sont rendues aux bains turcs aux XVIIIe et XIXe siècles. Vous pourrez aussi admirer le matériel utilisé traditionnellement dans les bains, du savon et des serviettes jusqu’aux souliers ressemblant d’une façon troublante à leurs cousins japonais, aux plates-formes épaisses, autrefois utilisés par les femmes. Les pièces au sol et aux murs de marbre qui se succèdent vous permettent d’imaginer l’univers des bains turcs d’autrefois comme si vous y étiez réellement. Entre fraicheur et mythe, le musée des bains turcs sera une pause agréable dans votre journée.

Beyazit Meydani, Eminönü

Musée du jouet

Musee_jouet_istanbul_1Réveillez l’enfant qui sommeille en vous ! Si l’expat’, le touriste ou le riverain stambouliote que vous êtes est en mal d’une madeleine de Proust, une visite au musée du jouet de Kadıköy s’impose. S’étalant sur quatre niveaux, ce musée vous permettra de retrouver votre enfance perdue en admirant des jouets venus du monde entier depuis le XIXe siècle. Du pantin Charlie Chaplin aux petits soldats allemands en passant par une poupée ayant survécu avec sa propriétaire à un tremblement de terre, vous découvrirez des trésors qui n’attendent que le grand enfant que vous êtes resté. Les salles à thèmes sont customisées pour que vous rentriez véritablement dans un monde de cow-boys et d’indiens, de rebelles de Star Wars et de partisans de l’empereur, de cheminots égarés dans un wagon du XIXe siècle, et bien plus encore. La plupart des jouets sont américains, européens ou encore japonais, mais vous apercevrez au détour d’une vitrine multicolore un jouet en forme de lion originaire du Kenya, ou un calife de Turquie. Avant de sortir de ce monde enchanté, profitez une dernière fois de cette atmosphère enfantine pour admirer une poupée du Petit Prince de Saint-Exupéry, ou encore une vieille édition du Tour du Monde en quatre-vingts jours de Jules Verne en vous asseyant à l’une des tables d’un pittoresque salon de thé.

Dr. Zeki Zeren Sk. No:17, Kadıköy

Elisabeth Raynal & Anne-Laure Gatin

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