Chroniques, Le choix de la rédaction

Les contrastes

Derya AdigüzelLa couleur et la richesse de la vie sont basées sur l’ensemble des contrastes. Ceux-ci nous permettent de ressentir l’existence d’une manière plus profonde. Les artistes par exemple accordent une grande importance aux contrastes dans leurs conceptions. En toute bonne œuvre il existe un contraste soigneusement codé et très bien équilibré. Les meilleurs artistes les placent si habilement que vous verrez dans leurs œuvres les spectacles qu’ils veulent vous montrer. Les contrastes, les objets contrastes et les concepts stimulent la perception du cerveau. Ils rendent significative et plus perceptible la chose affichée.

Au lieu de les cataloguer, nous qui possédons et jugeons tout, il vaut mieux en distinguer la richesse. Lorsque nous plongeons profondément au cœur des événements et lorsque nous les examinons, nous constatons un goût distinct, une beauté différente dans tout ce qui s’oppose. Ils ont chacun des richesses différentes. L’ensemble des diversités qui existent dans ces contrastes confère à nos vies leur richesse.

Positivité et négativité sont l’inverse l’une de l’autre. Sur une batterie figurent à la fois une borne négative et positive. Si nous jugeons le positif comme bon et le négatif comme mauvais et laissons de fait le négatif de coté, nous ne pouvons pas profiter de l’énergie qui va naître de la combinaison de ces deux contraires, tandis qu’une somme de puissance, d’énergie et de lumière est repartie autour de la combinaison des extrémités opposées. Lorsque nous ne remarquons pas, ne ressentons pas et ne comprenons pas les contrastes, il n’est plus possible de nous sentir puissant et de comprendre l’existence. Celui qui ne connaît pas la douleur ne peut parvenir à la beauté de la joie. Celui qui ne voit pas la guerre ne peut pas saisir la noblesse de la paix. Celui qui ne reconnait pas la pauvreté ne peut être heureux avec sa fortune. Il ne faut jamais stigmatiser nos sentiments, nos idées, nos désirs comme bons ou mauvais car ils ne sont ni bons ni mauvais, ils nous appartiennent tous. Il faut les distinguer et les expérimenter.

Commun à tout l’univers, notre corps est lui aussi un petit univers : il est une communauté de contrastes. Nous portons en notre nature à la fois les qualités de l’enfant et de l’adulte. Nous possédons à la fois les caractères contraires combattant-pacifiste, lâche-courageux ou encore immature-mature. Mon professeur d’école primaire nous avait distribué un dictionnaire des mots contraire en nous expliquant que nous ne pourrions saisir les significations exactes des mots sans connaitre leur contraire.

Les contrastes représentent des richesses dans la vie sociale et professionnelle, dans la bureaucratie, dans la diplomatie et en particulier dans les relations humaines. Au lieu de se débattre pour faire un choix entre les contrastes, il est toujours logique de saisir la joie de vivre dans la richesse de ces derniers.

Derya Adıgüzel

 

 

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