Politique

Sondages : les élections anticipées n’ont pas la faveur des Turcs

Alors que toutes les options de coalition gouvernementale sont actuellement envisagées, Özer Sencar, directeur de l’Institut de sondage Metropoll, estime que la tenue d’élections anticipées ne changerait pas les résultats du premier scrutin.

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Chef de Metropoll, un des plus importants instituts de sondage turc, Özer Sencar, dont l’expertise est recherchée depuis plusieurs années par les hommes politiques, a donné ce matin son sentiment sur la situation politique du pays. Le 7 juin dernier, les estimations électorales fournies pas Metropoll, quelques heures avant les premiers résultats des législatives, ont été d’une précision telle que les prévisions de l’Institut sont devenues une référence en la matière.

Interrogé ce matin par le quotidien Hürriyet, Özer Sencar a une fois de plus fait parler les chiffres en estimant que même si les tractations en cours portant sur la désignation d’une coalition gouvernementale échouaient, les élections anticipées prévues par la constitution ne seraient pas plus favorables à l’AKP. En effet, si l’électorat turc était contraint de reprendre le chemin des urnes, les sondages montrent que l’issue du scrutin resterait inchangée. « Les électeurs, de toute évidence, resteront fidèles aux votes qu’ils ont exprimés le 7 juin ; ils ne regrettent pas leurs premier avis », a déclaré le directeur de l’institut.

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Özer Sencar, directeur de l’Institut de sondage Metropoll.

Selon ses prévisions, le Parti de la justice et du développement (AKP) serait crédité de 41,6% des voix, et le parti social-démocrate du CHP, en deuxième position, obtiendrait 25,1% des suffrages. Quant au parti nationaliste du MHP et le parti pro-kurde du HDP, leurs résultats seraient respectivement de 16,2% et 12,9%.

sondage_3Des estimations qui varient assez peu finalement des scores officiels enregistrés le lendemain du premier tour des élections. Mise à part l’AKP qui profiterait d’une hausse de 1%, les autres partis ne connaîtraient aucune réelle progression électorale en comparaison des résultats définitifs donnés le 18 juin par le Conseil électoral suprême. Arrivé en tête, l’AKP avait obtenu 40,66% des voix, suivi du CHP avec 25,13%, et enfin du MHP et du HDP qui enregistraient chacun 16,45% et 12,96% des suffrages.

La meilleure solution resterait donc celle de la coalition. Mais, peu enclin à soutenir des élections anticipées, l’électorat turc n’en reste pas moins sceptique sur la nature de la coalition qui devrait en dernier ressort gouverner le pays. L’alliance la plus probable d’après les estimations effectuées par Metropoll demeure celle de l’AKP et du MHP qui récolte l’assentiment de 22,8% des sondés. Mais, de l’aveu même d’Özer Sencar, « il n’y a pas vraiment de coalition qui suscite l’engouement du public ». Une coalition CHP-MHP-HDP n’est plébiscitée que par 20% des électeurs tandis qu’en dernière position, l’association entre l’AKP et le CHP apparaît la moins crédible (8%).

Même si les chiffres ne sont pas très réjouissants, et la balance indécise entre des élections anticipées et un gouvernement de coalition, Özer Sencar assure néanmoins que les élections du 7 juin dernier auront une importance capitale pour l’avenir du pays. La défaite toute relative de l’AKP n’en a pas moins été un signal fort adressé au président Recep Tayyip Erdoğan.

Les citoyens turcs ont manifesté leur souhait de faire évoluer un système politique depuis trop longtemps est marqué par l’empreinte de l’omnipotent chef de l’Etat. « Qu’importe ce qui arrivera, la situation ne sera plus jamais la même », a résumé le directeur de Metropoll.

Matéo Garcia

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