International, Politique

Les Etats-Unis retirent comme prévu leurs missiles Patriot de la frontière turco-syrienne

 

A la demande d’Ankara, six batteries de missiles Patriot avaient été mises en places à la frontière turco-syrienne en 2013, sous commandement de l’OTAN. La Turquie avait fait appel à ses alliés de l’OTAN pour l’aider à protéger le pays d’éventuels tirs de missiles venus de Syrie. Ankara craignait alors une attaque du régime syrien de Bachar al-Assad après une série de tirs d’obus syriens dans des localités turques proches de la frontière fin 2012. L’une d’elles avait fait cinq morts dans la localité d’Akçakale, à la frontière syrienne.

A BATTERY OF U.S MANNED PATRIOT MISSILES PROTECT A NEARBY BRITISH AND U.S AIRBASE IN KUWAIT

Washington et Ankara avaient annoncé en août dernier qu’ils ne renouvelleraient pas l’accord de déploiement qui devait expirer en octobre. Au même moment, l’Allemagne avait annoncé une décision similaire, jugeant que « la menace dans cette région secouée par les crises a désormais une autre nature ». « Elle vient de (l’organisation) Etat islamique », avait expliqué la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen.

Les deux unités de missiles américaines déployées à Gaziantep, et leur personnel (environ 320 personnes), ont donc été retirées du territoire ce mardi, direction les Etats-Unis. Ce, bien que la Turquie aurait préféré retarder ce rapatriement, d’autant plus après les récentes incursions russes dans l’espace aérien turc.

Ces unités « vont être redéployées aux Etats-Unis pour des opérations cruciales de modernisation », selon un communiqué commun du gouvernement turc et du gouvernement américain diffusé notamment par le Pentagone. En réponse à la demande de la Turquie, les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN avaient répondu favorablement en décembre 2012. En réponse, les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne avaient déployé des équipements dans les provinces de Gaziantep, Adana et Kahramanmaraş, respectivement, début 2013. Les missiles néerlandais ont été remplacés en janvier de cette année par des unités espagnoles.

Les missiles Patriot peuvent détruire en vol des missiles balistiques tactiques, des missiles de croisière ou des avions. Les Etats-Unis maintiennent également en permanence en Méditerranée des navires militaires équipés de système anti-missile Aegis, capable de fournir à l’OTAN des capacités de défense aérienne dans la région, rappellent par ailleurs Washington et Ankara.  L’OTAN et la Turquie peuvent également compter sur une batterie espagnole déployée à Adana depuis janvier de cette année.

Manquant d’un véritable système de défense aérien, la Turquie repose uniquement sur le bouclier de l’OTAN. Il est arrivé plusieurs fois au cours des deux dernières décennies qu’Ankara fasse appel à ses alliés atlantiques pour déployer des missiles Patriot sur son sol, d’abord contre Saddam Hussein, puis contre la Syrie de Bachar Al Assad.

Coralie Forget

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *