Chroniques

Les europhobes sortent renforcés des élections européennes

« Le choc », « le séisme, « le tsunami », voici les mots qui ont marqué la soirée électorale du dimanche 24 Mai. Et pourtant tout le monde s’attendait aussi bien à un taux d’abstentionnisme élevé pour ce scrutin qu’à une avancée des partis d’extrême droite. Néanmoins, la percée du Front National, devançant l’UMP et le PS avec 25% des suffrages exprimés, a créé une grande surprise. Marine Le Pen venait non seulement de confirmer l’ancrage de son parti dans le paysage politique français mais bouleversait aussi les cartes politiques du pays. Profitant d’un climat de mécontentement et de crise, le chef du FN a su mobiliser les anti-européens afin de tripler le score de son parti par rapport aux élections européennes de 2009. La stupéfaction face à ce résultat n’était pas uniquement nationale mais européenne voire mondiale. En témoignent toutes les Unes des grands quotidiens qui lui seront consacrées dès le lendemain. Ainsi le monde entier découvrait qu’un électeur français sur 4 avait voté pour un parti profondément anti-européen.
Certes la France n’est pas le seul pays européen où l’on constate une forte progression de l’europhobie, il y en a d’autres, notamment le Danemark, la Pologne et l’Autriche mais ce qui choque concernant la France c’est que cela arrive dans un pays fondateur et moteur de l’Union.
Ce vote français, dans la patrie des droits de l’homme et des libertés déçoit le monde et surtout affaiblit la position de la France au sein de l’UE.

Mais alors quelles seront les conséquences de cette poussée des partis de droite nationalistes et europhobes au sein du Parlement ? Ces derniers peuvent certes y former un groupe mais pour l’instant ne pourront pas fondamentalement modifier l’équilibre des forces politiques déjà présentes en raison de leur dispersion et absence d’entente. Mais leur présence affaiblira l’Union et à terme on peut craindre une remise en cause des valeurs et des idées européennes.

Force est de constater que l’Union ne sort pas gagnante de ces élections car elle abrite désormais en son sein des eurodéputés anti-européens. Par ailleurs, à l’image d’une Europe empêtrée dans une crise économique, s’ajoute désormais une Europe en crise identitaire et politique. Rares sont les pays de l’Union n’ayant pas cédé à l’anti-européanisme ambiant, à l’instar de l’Italie. Il est regrettable que l’Union n’ait pas plus de responsables politiques comme le jeune Premier ministre Italien Matteo Renzi qui a su donner à ses citoyens l’espoir en un avenir européen malgré la crise et les mesures d’austérité.

Mireille Sadège

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