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Les femmes kurdes : l’arme ultime contre l’Etat Islamique

Dans la guerre qui fait rage en ce moment entre l’Etat Islamique et les forces kurdes, soutenues depuis peu par l’Occident, il est une fraction de l’armée qui combat les djihadistes dont on ne parle pas assez. Depuis les années 1990, les autorités kurdes sont les seules à s’être dotées d’un corps d’armée exclusivement féminin. Contre des combattants islamistes ne reconnaissant aucun droit aux femmes, et encore moins celui de se battre sur un champ de bataille, il s’agit là d’une arme de choix. Décryptage.

kurdes

Quand on pense au conflit qui fait rage en Irak, au milieu d’une zone qu’on a tendance à considérer comme peu regardante envers les droits des femmes, et particulièrement face à l’Etat Islamique qui lutte pour imposer une société aux mœurs radicales, on a du mal à s’imaginer qu’une partie des soldats qui luttent sont du sexe féminin. Pourtant c’est le cas, et ces guerrières kurdes posent énormément de problèmes aux fidèles de l’Etat Islamique.

Une armée vieille de plus de vingt ans

La création d’un corps d’armée féminin kurde date des années 1990. C’est en Turquie, au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’Abdullah Öcalan qu’il est apparu pour la première fois en 1995. Pour le leader du mouvement indépendantiste kurde, “la paix des Kurdes passe par les femmes”. Cette initiative a permis au mouvement d’élargir son soutien féminin, passant de quelques intellectuelles au milieu des années 1980, à 2000 femmes issues de tous les milieux sociaux parties rejoindre l’armée du PKK dans les montagnes de l’Est de l’Anatolie. Sur une armée de 6000 âmes, cette participation n’est pas négligeable, et témoigne d’une véritable volonté d’émancipation de la part de ces femmes prêtes à se battre pour leur cause.

kurdesCette spécificité kurde ne s’est pas cantonnée à la fraction turque de l’aire de peuplement kurde, et c’est particulièrement intéressant au vu des événements actuels au nord des territoires syriens et irakiens. En Irak, les femmes combattantes se sont organisées depuis le 18 novembre 1996, mais ne sont pas aussi nombreuses que dans les montagnes turques. Ces 550 soldates, totalement intégrées à l’armée régulière kurde composée de 200 000 peshmergas, se battent aux côtés de leurs frères masculins sans qu’aucune distinction ne soit notable. En Syrie, ce sont les Unités de défense du peuple (YPG) qui encadrent les forces armées kurdes. Le journaliste Hamid Messoud de France 24 est allé suivre les femmes qui y combattent une dizaine de jours au mois de juillet. Elles ne représentent pas moins de 40 % des 40 000 soldats qui se battent contre les forces islamiques à la frontière syro-irakienne.  Le journaliste témoigne de la volonté de ces femmes de ne pas être différenciées de leurs compères masculins: à la guerre comme à la guerre, aucune raison de traiter qui que ce soit avec une régime spécial. Ceci dit, pour beaucoup d’entre elles, le combat contre les forces de l’Etat Islamique est d’autant plus important qu’il représente une lutte pour la condition féminine contre l’oppression et l’aliénation de la femme, incarnée selon elles par des islamistes qui voudraient les “ramener au Moyen-Âge”.

Des djihadistes désemparés

Ces femmes sont donc de vraies peshmergas – terme qui signifie « ceux qui affrontent la mort » – et c’est ce qui les rend redoutables contre les djihadistes de l’armée islamique. Si eux aussi se vantent de ne pas craindre la mort pour imposer leurs idées, c’est tout de même sous une condition : ne pas mourir sous les balles d’une femme. Ces soldats que rien ne semble faire trembler ont tout de même un talon d’Achille. Chacun d’entre eux porte autour du cou une petite clef, censée leur ouvrir les portes du paradis pour rejoindre leurs soixante-dix houris, vierges célestes récompensant les bienheureux, tant désirées au cours de leur vie terrestre. Seulement, si un djihadiste est tué par une femme, il ne pourra pas accéder aux portes du paradis. Une phobie qui croît au sein des troupes du Daech à mesure que le PKK et les autres organisations kurdes mettent leurs troupes féminines à contribution. Selon l’une des peshmergas, luttant à la frontière syrienne, “ces hommes se pensent supérieurs, en droit de réduire les femmes à l’esclavage, mais ils tremblent comme des feuilles mortes à la simple vue d’une silhouette féminine sur le champ de bataille”.

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Ces femmes, en plus de leur courage et de leur détermination sans faille, sont donc un atout particulièrement précieux pour l’opposition armée à l’Etat Islamique. En défendant leur territoire et leurs familles chaque jour sur les steppes arides du nord de l’Irak, elles promeuvent la conception d’une femme libre et émancipée.

Benjamin Delille

10 Comments

  1. Ciwan

    Voici les plus courageuses, les plus nobles, les plus droites et justes dans cette région.
    Toujours à défendre les droits de l’Homme sans rien attendre en contrepartie si ce n’est la liberté et la quiétude dans les yeux de leurs frères et soeurs kurdes aux quatre coins de ce magnifique pays qu’est le Kurdistan. La plus belle armée à laquelle je souhaite réussite dans toutes ses actions au Kurdistan de Turquie, de Syrie et d’Irak. Nos héroïnes.

  2. Gokdag

    Bravo à toutes ces femmes qui ont un grand courage. Qu’Allah les protégent. Merci à vous toutes.

    • patrick

      OUI un grand BRAVO

  3. Ayse

    Il ne reste plus qu’à souhaiter que cette égalité soit également applicable aux femmes kurdes de leur société civile. On aimerait nous faire croire que les kurdes partagent les valeurs de l’occident et respectent les droits des femmes, alors qu’ils sont en fait une des sociétés les plus rétrogrades du moyen-orient avec leurs moeurs de vendetta et crimes d’honneur où il est parfaitement admis d’assassiner filles ou femmes qui auront osé désobéir leur père ou frère et choisi leur propre compagnon ou refusé d’être vendue au plus offrant. Il faut arrêter de faire l’amalgame entre le droit des femmes et religion (islam) même s’il est vrai que l’un se nourrit de l’autre.

    • guzel

      bravo madame, vous venez de dire la verite

    • patrick

      globalement d’accord avec votre analyse sauf que vendetta et crimes d’honneur ne sont pas à attribuer en particulier aux Kurdes et à eux seuls !
      Allez voir ce qui se passe dans les pays arabes ,en Arabie Saoudite par exemple !
      Je pense que l’Islam n’est pas vraiment et n’a jamais été très respectueux du droit des femmes mais j’espère que le courage et l’héroïsme des femmes kurdes leur permettront d’être respectées et enfin reconnues pour leur valeur ! Elles sont bien souvent plus intelligentes et plus courageuses que les hommes !… et sans elles ,l’Humanité aurait pris fin … à méditer Messieurs les machos !
      Je précise que je suis de sexe masculin …

  4. Crab2 Crab

    Dans les pays dominés par les musulmans, les codes de la famille sont surnommés par les femmes arabes et iraniennes :  » les codes de l’infamie  »

  5. guigui le-viking

    bravo mesdames, on vous soutient

  6. watif

    Oh Barbara
    Quelle connerie la guerre
    Qu’es-tu devenue maintenant
    Sous cette pluie de fer
    De feu d’acier de sang
    Et celui qui te serrait dans ses bras
    Amoureusement
    Est-il mort disparu ou bien encore vivant

  7. elenabatourina@Outlook.com

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