Economie

Les investissements étrangers en Turquie, un tremplin économique à nuancer

Selon le rapport de la chambre de commerce française en Turquie, en 2015, le montant des investissements directs étrangers dans le pays a connu une hausse significative.stock-exchange-911612_960_720_1En 2015, le total des investissements directs étrangers (IDE) en Turquie s’élève à 16,6 milliards de dollars américains. Cette rentrée de capitaux dans l’économie turque a participé de manière conséquente à la baisse du déficit du compte courant du pays, permettant ainsi de faire de l’année 2015 une année fructueuse économiquement parlant.

Précisons cependant que sur les 16,6 milliards de dollars, seuls 12,5 milliards de dollars représentent des investissements étrangers dits « réels », à savoir qui financent directement l’économie productive de la Turquie.

Les 4,1 milliards de dollars restants sont bel et bien des investissements qui ont engendré un flux de capitaux, mais ils résultent de transactions immobilières qui ont un impact important, mais seulement sur du long terme.

Ces résultats prouvent que la Turquie était toujours, en 2015, une source d’intérêts pour les investisseurs internationaux. Une bonne nouvelle au vu du contexte économique de cette année. Certaines puissances montantes ont connu de réelles difficultés. C’est le cas par exemple de la Russie, qui a traversé une crise économique, ou encore de la Chine, dont la croissance a ralenti, mais aussi des pays producteurs de pétrole qui ont rencontré des difficultés budgétaires.

À l’inverse, les flux directs au départ de la Turquie ont peiné à décoller. Il est évident que de 2000 à 2014 – le pays partait d’un chiffre proche de 0 en 2000-, les investissements domestiques turcs ont fait une avancée fulgurante. Mais, en 2015, la Turquie garde difficilement la tête hors de l’eau avec des investissements à hauteur de 5,1 milliards de dollars US. Ce chiffre lui vaudra d’être qualifiée par la Banque Mondiale, de pays à revenu intermédiaire (Middle Income Country).

Bien entendu, ces résultats sont à nuancer. Il est difficile de déterminer aujourd’hui l’état des chiffres de cette année 2016, compte tenu du contexte actuel en Turquie. La position géographique du pays, qui place la Turquie au coeur de la crise migratoire, mais aussi la frontière commune avec la Syrie et l’État d’urgence mis en place à la suite de la tentative de coup d’État du 15 juillet dernier sont tant de facteurs qui ont rendu le pays moins attractif pour les investisseurs internationaux durant le second semestre de cette année.

Celui-ci n’est cependant pas terminé, les paroles rassurantes du vice-premier ministre, Mehmet Simsek, à la suite de l’annonce de l’État d’urgence ont peut-être rassuré les investisseurs internationaux permettant de stimuler l’entrée de capitaux en Turquie.

Pascale-Mahé Keingna

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