Politique

Les municipales françaises à l’heure du coronavirus

À trois mois d’intervalle entre le premier et le second tour, les élections municipales ont été bouleversées par la crise de la Covid-19. Campagnes à distance, calendrier perturbé, taux de participation appréhendé, mesures sanitaires strictes à adopter… Retour sur un scrutin prolongé et désordonné par la crise sanitaire.

Une abstention record

Alors que dans 30 143 communes françaises, les conseillers municipaux et les maires ont déjà été élus lors du premier tour le 15 mars dernier, ce second tour des élections municipales concernait environ 5 000 communes, soit 16,5 millions d’électrices et électeurs. 

Initialement programmé pour le 22 mars dernier, il s’est achevé hier soir, le 28 juin, avec un taux d’abstention de près de 60 %. Un record puisque, lors des dernières élections municipales de 2014, 6 personnes sur 10 étaient allées voter; cette année, ils sont autant à être restés chez eux. 

Le premier tour des élections municipales avait également été marqué par un taux d’abstention record : 54,5 %, soit près de 20 points supplémentaires par rapport au scrutin de 2014. Selon un sondage Ipsos réalisé les 13 et 14 mars dernier, pour près de 40 % des personnes affirmaient ne pas vouloir aller voter, la crainte du coronavirus étant la principale raison.

Tout était prêt !

Sans surprise, tous les bureaux de vote ont été aménagés afin que les électeurs puissent voter tout en respectant les gestes barrières et les mesures de distanciation physique. 

Le 17 juin, une circulaire du ministère de l’Intérieur avait fixé les « dispositions particulières » pour le second tour. Ainsi, pour éviter la propagation du coronavirus, des gels hydroalcooliques ont été installés à l’entrée et à la sortie des bureaux de vote. Le port du masque était obligatoire et, en cas d’oubli, les communes ont été approvisionnées afin de pouvoir équiper chaque électeur qui devait également se munir de son propre stylo. Certaines municipalités avaient même sorti le porte-monnaie pour investir dans des plexiglas ou des visières. Les bureaux étaient également équipés de marquages au sol pour respecter une distance d’au moins un mètre entre les électeurs, tandis que la désinfection des isoloirs avant et après chaque passage se devait d’être systématique. 

Par ailleurs, la circulaire ministérielle recommandait l’accueil de trois électeurs à la fois. À l’extérieur, deux files d’attente, dont l’une était destinée aux personnes vulnérables, ont été mises en places avec une délimitation d’au moins un mètre.

Les grandes villes passent au Vert

Dans les « grandes villes », ce sont les écologistes qui sont arrivés en tête des élections. Michèle Rubirola à Marseille, Grégory Doucet à Lyon, Pierre Hurmic à Bordeaux, Anne Vignot à Besançon, et Éric Piolle à Grenoble, réélu ce dimanche alors qu’il était, jusque là, le seul maire écologiste d’une ville de plus de 100 000 habitants. 

À Strasbourg également, c’est l’écologiste Jeanne Barseghian qui a été élue maire. Peu après sa victoire, elle s’est dite « émue et heureuse, et pleine de gratitudes pour les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois », avant de rappeler ses priorités :« l’urgence climatique, les inégalités sociales et le renouveau démocratique », d’autant plus que le taux de participation a été très faible. 

Une vague verte qui arrive à propos puisque, dès lundi, le Président de la République recevra les 150 membres de la Convention citoyenne sur le climat (CCC) à l’Élysée afin d’apporter « une première réponse à leurs propositions », a confié l’Élysée à l’AFP le 19 juin dernier.

« Vous avez choisi un Paris qui respire »

Avec 50,2 % des voix, la maire sortante de Paris Anne Hidalgo (PS) a été réélue ce dimanche en devançant très largement Rachida Dati (LR) qui a obtenu environ 32 % des voix et Agnès Buzyn (LREM) qui se positionne en troisième position avec seulement 16 % des voix. 

Sur le parvis de l’Hôtel de Ville, où se sont rassemblées quelques centaines de personnes, Anne Hidalgo a célébré son écrasante victoire et a remercié ses électeurs : « Les circonstances exceptionnelles rendent ce moment très particulier. Vous avez choisi l’espoir. Vous avez choisi le rassemblement, vous avez choisi un Paris qui respire, un Paris plus agréable, une ville plus solidaire, qui ne laisse personne au bord du chemin. » 

Le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a également célébré la victoire d’Anne Hidalgo via son compte Twitter : « SIX MORE YEARS ! » (« six années encore ! »). 

Élue première femme maire de la capitale française en 2014, Anne Hidalgo s’offre un nouveau mandat et conserve ainsi son siège jusqu’en 2026. 

Alors à Matignon, le Premier ministre est réélu au Havre

À quelques jours du second tour, Édouard Philippe affirmait : « J’entends bien redevenir maire dès lors que je ne serai plus Premier ministre [] Donc, je vous le dis: si les électeurs me font confiance, je serai de retour au Havre. Au plus tard en mai 2022, mais peut-être beaucoup plus tôt. » 

Ce dimanche 28 juin, le Premier ministre a été réélu maire du Havre, alors qu’il occupait cette fonction de 2014 à 2017. Avec 58,8 % des voix, Édouard Philippe s’est imposé face à Jean-Paul Lecoq (PCF) qui a récolté près de 41,2 % des suffrages. « Les résultats sont nets », a aussitôt réagi le Premier ministre devant ses partisans réunis dans le hall de l’Hôtel de Ville. 

Au premier tour, le 15 mars, il avait récolté 43,6 % des voix face au député Jean-Paul Lecoq (35,88 %). 

Abou el amaim Nada

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