Politique, Société

Les Néerlandais disent « Nee » à l’Union Européenne

Coup dur pour l’Union Européenne (UE) : le « Nee » à 61% des électeurs néerlandais au référendum sur l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE est une nouvelle gifle pour les dirigeants européens. Après le « Grexit » et le « Brexit », voici donc la crise du « Nederxit ».     

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Ce mercredi, les Néerlandais se sont exprimés sur l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE et le résultat est sans appel. 61% des électeurs ont voté contre l’accord négocié entre les dirigeants européens et ukrainiens. De plus, la participation s’élève à 32%, ce qui représente un taux assez faible. L’accorde entre les 28 et l’Ukraine contient un volet économique visant à instaurer un espace de libre-échange entre les intéressés ainsi qu’un chapitre politique qui mentionne un « contrat d’association » ayant pour but l’adhésion du pays à l’Union. C’est donc une lourde défaite pour l’UE et peut être un premier pas vers le « Nederxit » ?

Le « début de la fin de l’UE »

En effet, le référendum sur l’accord avec l’Ukraine contenait indirectement aussi la question sur l’appartenance des Pays-Bas à l’UE. C’est du moins ce que pense Geert Wilders, chef du parti d’extrême droite néerlandais. Pour lui « les Néerlandais ont dit non à l’élite européenne » et le résultat représente le « début de la fin de l’UE ». Son « Parti de la liberté » a massivement mobilisé pour le « non » au référendum et se présente ainsi en grand vainqueur du scrutin. A l’origine, celui-ci est né d’une initiative populaire, lancée par un collectif de think tanks eurosceptiques en juillet 2015. Il avait facilement réussi à rassembler les 300.000 signatures nécessaires pour organiser une consultation populaire puisque la gauche radicale (SP) ainsi que le « Parti pour les animaux » (PvdD) sont également eurosceptiques.

Une impasse politique ?

Même si le référendum n’est juridiquement « que » consultatif, politiquement le Parlement néerlandais devra tenir compte du vote puisque la participation dépasse les 30% nécessaires pour qu’il soit valide. Si le gouvernement décide d’ignorer le résultat, il lui sera reproché de gouverner contre la volonté du peuple. S’il ne ratifie pas l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE comme seul des 28 Etats membres, l’ensemble des traités européens est remis en cause.

Le double échec de l’UE

Pour l’UE, le référendum néerlandais est une défaite à deux niveaux. Premièrement, il montre la grande impopularité de l’UE dans un pays qui était « europhile » il y à encore quelques années. Deuxièmement, les abstentionnistes attestent le fait que 70% des électeurs ne sont pas concernés par cette question européenne, pourtant très importante. Soit ils ne croient pas au changement par les urnes, soit ils ne sont tout simplement pas intéressés par l’UE.
Décidemment, ce peuple est un vrai problème pour Bruxelles…
Raphaël Schmeller

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