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Les Philippins vont aux urnes au terme d’une campagne marquée par la polémique

C’est aujourd’hui que 50 millions de Philippins sont appelés aux urnes afin de voter pour leur président, leur vice-président, leurs sénateurs ainsi que pour plusieurs responsables locaux. Si les résultats ne seront connus que dans les prochains jours, le grand favori pour le poste de président demeure Rodrigo Duterte, un candidat dont le discours populiste et parfois extrême a souvent été comparé à celui de Donald Trump.

Davao City Mayor Rodrigo Duterte speaks before the protesting residents in the city who are calling for the moratorium on housing foreclosure in several housing projects in the city. At least 5,000 homeowners coming from different subdivisions in the city and even from neighboring towns and cities marched around the city on Wednesday afternoon, Feburary 11, 2008 to oppose the transfer of an estimated P13 billion worth of housing loans with the National Home Mortgage Finance Corporation (NHMFC) to a private entity known as Balikatan Housing Finance Inc. (BHFI). AKP Images / Keith Bacongco

Qui est Rodrigo Duterte ?

Le candidat à la présidence controversé, mais également donné grand favori, s’est fait connaître par son approche radicale pour éradiquer la criminalité, celle-ci étant de tout bonnement tuer les criminels. Maire de Davao, quatrième ville du pays, depuis maintenant 22 ans, l’homme a promis de tuer 100 000 criminels et de les jeter dans la baie de Manille en plus d’éradiquer complètement la corruption au bout de six mois.

Pari ambitieux, mais réalisable selon plusieurs. En effet, la ville de Davao est passée d’être celle avec un des taux d’homicide les plus élevés au monde dans les années 80 à être la cinquième ville la plus sécuritaire au monde selon Numbeo. Le maire a également déclaré qu’il abolirait le Congrès s’il l’empêchait de mener son programme. Parmi ses déclarations les plus controversées, on peut également compter celle où il a traité le pape de « fils de pute » [dans un pays où 80% des habitants sont catholiques]. Il semblerait toutefois que ce discours cru connaisse un certain succès, le candidat cumulant 10 points d’avance sur ses adversaires lors des sondages précédant les élections.

Selon plusieurs commentateurs, l’approche anti-establishment de Duterte, de même que ses discours pragmatiques lui ont permis de rejoindre un électorat désenchanté par l’élite politique actuelle et par son incapacité de réduire les inégalités sociales malgré la croissance économique du pays. En effet, avec une croissance annuelle frôlant les 6%, les Philippines ont su attiré les investissements étrangers, qui ont quadruplé dans les cinq dernières années. Bien que la prospérité économique soit visiblement au rendez-vous, le niveau de pauvreté a stagné, au grand désarroi des 25% de la population qui vit toujours sous le seuil de la pauvreté.

« Le symbole de la campagne de M. Duterte est un poing, qui est adressé aux hors-la-loi, mais qui pourrait également être adressé à l’oligarchie. Ce message résonne particulièrement avec les populations démunies et frustrées, mais ses fans proviennent de toutes les classes sociales », écrivait le chroniqueur politique Miguel Syjuco la semaine dernière.

Violences électorales

Si la campagne a été rythmée par des propos outranciers, les élections sont pour leur part caractérisée par la violence. En effet, selon l’AFP, plusieurs fusillades non loin des bureaux de vote auraient été signalées, faisant au moins 10 morts.  Parmi les nombreux incidents reportés, une vingtaine d’hommes armés aurait pénétré dans un bureau de vote de la ville de Sultan Kudarat avant de s’emparer des machines de vote.

Les constats de la police nationale contrastent avec ceux de la presse internationale. En effet, selon Jonathan Mianon, porte-parole de la Police nationale (PNP), ces élections seraient plus pacifiques que celles de 2010 grâce aux 100 000 policiers déployés sur l’ensemble du territoire national.

Il faudra donc attendre la fin du processus électoral pour avoir un compte-rendu précis de la portée des violences entourant ces élections. Les résultats sont attendus dans les prochains jours.

Yasmine Mehdi

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