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Quand les prix Nobel revêtent un habit bleu, blanc, rouge

On annonçait le savoir à la française en déclin par rapport aux standards mondiaux, dans ce cercle vicieux où nombreux sont ceux qui ont plaisir à dénigrer systématiquement tout ce qui est français. Et pourtant, les prix Nobel viennent de couronner la littérature et l’économie françaises, faisant taire ainsi les mauvaises langues de la plus belle des manières.

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Jean Tirole et Patrick Modiano

Patrick Modiano et Jean Tirole. Les deux sont français, deux références dans leurs domaines respectifs. Ils reçoivent ainsi la reconnaissance suprême de leurs pairs de par le monde. Mais ils sont pourtant, tous deux, d’une timidité étonnante qui n’a d’égal que leur talent.

Après Sartre ou Le Clézio, Patrick Modiano devient le quinzième Français titulaire de ce prestigieux titre, un record toutes nations confondues dans cette catégorie. S’il était jusqu’à présent peu connu aux Etats-Unis, l’Académie suédoise a tenu à mettre en lumière « l’art de mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation ». Un thème cher à son cœur qu’il abordera dès son premier ouvrage, La Place de l’Etoile (1968), aux termes d’une adolescence solitaire, écumant les rues de Paris. Estimé d’emblée par Raymond Queneau, les distinctions s’accumuleront, entre le prix de l’Académie Française et le Goncourt, pour enfin atteindre le Graal aujourd’hui. Figure de proue de la littérature française d’aujourd’hui, la « bizarrerie » de ces personnages si attachants signent sa marque de fabrique.

Quatre jours après, c’était au tour de Jean Tirole d’être primé, polytechnicien et diplômé des Ponts et du MIT, un ingénieur économiste aujourd’hui chercheur au CNRS et à l’université de Toulouse. Il devient ainsi le troisième Français à recevoir le prix Nobel d’économie, ou plutôt le « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel ». Le succès des travaux de ce micro-économiste, un libéral prônant la nécessité des réglementations sectorielles de l’État, s’inscrit dans une période où l’État a tendance à se distinguer de la production des biens et des services, définitivement aux antipodes avec les critiques du capitalisme.

Myriam Saqalli

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