Politique

Les Républicains : le spectre des affaires rôde toujours autour des primaires

La Haute Autorité aux primaires a validé les candidatures de sept élus Les Républicains [ex-UMP] à la direction du parti. Un lancement de campagne qui survient peu de temps après la décision du parquet de Paris du renvoi de Nicolas Sarkozy en correctionnelle pour financement illégal de campagne. Dans le duel « Sarkozy-Juppé », annoncé par les intentions de vote à ces primaires, cette décision de justice pourrait coûter cher à l’ancien Président. Ceci en rappelant à l’opinion publique les affaires d’un parti qu’un simple changement de nom ne suffit pas à enterrer. Malgré les relaxes, les absences de condamnation, voire même l’absence d’enquêtes, le spectre des affaires rôde toujours autour de chacun des candidats à cette primaire.
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Gardes à vue, mises en examen, témoin assisté ; le florilège Sarkozy

Il y a tout juste un an, Le Parisien révélait un état des lieux du rapport entre Nicolas Sarkozy et la justice. Toutes affaires confondues, ce dernier était cité directement ou indirectement dans plus de 11 affaires différentes. Parmi celles-ci, il y a les affaires « actives », comme c’est le cas avec l’affaire des écoutes qui avait valu à l’ancien chef de l’État un placement en garde à vue et une mise en examen pour « corruption active, trafic d’influence actif et recel de violation du secret professionnel ». Ici, l’ordonnance des juges est toujours en attente en vue de déterminer l’ouverture d’un éventuel procès.

Ce n’est pas le cas pour l’affaire Bygmalion, vaste système de fausses factures ayant permis à l’UMP un dépassement de plafonds des financements de campagne de Nicolas Sarkozy, pour un montant de près de 20 millions d’euros. L’audition de l’ancien Président aura pour but de déterminer s’il était au fait d’un tel stratagème, point que les enquêtes précédentes n’ont toujours pas réussi à mettre en lumière. Pour le reste, des éclaircissements sont toujours en attente pour les accusations de financement de sa campagne de 2007 par le régime de Kadhafi ou les affaires des sondages de l’Élysée (enquête en cours). Nicolas Sarkozy a soit bénéficié d’un non-lieu, soit d’une audition en tant que témoin assisté – statut à mi-chemin entre celui de témoin et la mise en examen – pour le reste des affaires où il était cité (Karachi, Bettencourt, voyages privés en jet en marge de l’affaire Air Cocaine, affaire Tapie).

Les affaires des autres candidats

Rappelons qu’en 2004 le favori annoncé de ces primaires, Alain Juppé, avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour une affaire d’emplois fictifs entre 1983 et 1997. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac avait pourtant annoncé qu’un tel jugement entraînerait son départ de la vie politique – mais l’oubli a fait son chemin au sein des médias, de l’opinion publique et parfois même de la justice française.

Si le reste des prétendants à la présidence des Républicains s’est unanimement targué de n’avoir jamais été mis en examen – à l’exception de Jean-François Copé, blanchi, mais abondamment cité dans l’affaire Bygmalion-, des éléments à charge subsistent encore pour chacun d’entre eux. Seule différence avec les élus cités précédemment, les suivants n’ont pas – ou pas encore – fait l’objet d’une enquête judiciaire pour les éléments cités.

C’est le cas avec les nombreux voyages privés de François Fillon effectués avec des jets de l’État, ou encore, plus sensible, ses vacances aux frais de l’État égyptien, sous Moubarak. Concernant Bruno Le Maire, une enquête de Médiapart avait révélé en 2013 l’embauche discrète par ce dernier de sa propre femme en tant que collaboratrice à plein temps, de 2007 à 2013, alors que celle-ci déclarait dans la presse être mère au foyer. Concernant Nathalie Kosciusko-Morizet, sa nomination comme secrétaire d’État à l’Économie numérique en 2009 avait laissé planer le soupçon d’un possible conflit d’intérêts, son frère Pierre étant le fondateur du site Priceminister, revendu au groupe japonais Rakuten en 2014 pour 200 millions d’euros.

Le candidat et président du Parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson, est quant à lui particulièrement discret et précautionneux sur ses affaires professionnelles. Difficile, par exemple, de trouver le nom de la société de « conseil aux entreprises » qui lui a rapporté 52.000 euros en 2013, selon le site du Monde. Il en masque d’ailleurs le nom complet sur sa déclaration d’intérêt en 2014. Ses deux visites au Président syrien Bachar el-Assad avaient également soulevé la polémique en 2014 et en 2015, ce dernier déclarant au sujet du dictateur syrien : « Entre l’image de boucher et celui que j’ai rencontré, on ne doit pas parler du même homme ».

 

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