Société

Les trajets en ferry quasiment gratuits à Istanbul

Seulement 0,05 livre turque, c’est le tarif des services de ferry reliant les côtés asiatique et européenne d’Istanbul depuis jeudi 25 juin. Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoğlu, a annoncé sa décision sur Twitter : « Plus de ferrys, plus de transport maritime. Nous avons baissé les tarifs des ferrys pour les trajets entre 10 h et 16 h à 0,05 livre turque jusqu’au 31 août afin d’encourager le transport maritime et les horaires de travail flexibles ». 

Les ferrys et les taxis de mer

À Istanbul, les ferrys permettent d’aller et venir facilement d’une rive à l’autre de la ville, séparée par le Bosphore. Ils permettent d’éviter le trafic routier intense sur les ponts.

Jusqu’au 31 août, le nouveau tarif sera applicable aux services de ferry entre les districts d’Üsküdar et d’Eminönü, de Kadıköy et d’Eminönü, de Kadıköy et de Karaköy et de Kadıköy et de Beşiktaş, tandis que les ferrys vers les îles des Princes sont exemptés de cette réduction.

Quelques jours plus tôt, le maire avait annoncé un projet de « taxis de mer ». Déjà existants, ils avaient perdu leur popularité en raison de prix élevés. Cette idée avait été initiée en raison d’un trafic maritime très bas (3 %) alors même que la ville est divisée en deux par la voie navigable du Bosphore et qu’elle bénéficie de la plus dense population de Turquie (plus de 15 millions d’habitants). L’objectif du projet est d’augmenter le nombre de taxis de mer afin que leur tarif baisse et de construire plus de ports à escale. Ekrem Imamoğlu prévoit de faire travailler les chauffeurs en trois équipes, avec des uniformes. Il sera également possible de payer le trajet grâce au laissez-passer électronique de la ville, l’« Istanbulkart », déjà utilisé dans tous les transports en commun de la ville.

La fureur des taxis 

Cette bonne nouvelle intervient en revanche après l’abandon — pour l’instant temporaire — par la municipalité de l’introduction de 6 000 nouveaux taxis à Istanbul. Lors de la réunion de l’UKOME (le centre de la coordination des transports), certains membres du conseil se sont opposés au plan après qu’il ait provoqué la fureur des chauffeurs de taxi. Ils affirment que ce plan pouvait perturber leur activité déjà affaiblie par la crise sanitaire de la Covid-19. 

Le secrétaire général adjoint de la municipalité responsable des transports, Orhan Demir, a dévoilé aux journalistes que la question a été renvoyée à un sous-comité afin de la réviser. « Certains membres ont déclaré qu’il n’y avait pas besoin de nouveaux taxis et que la question n’avait pas été examinée en profondeur au sein du sous-comité. Pourtant, nous savons que le nombre de taxis dans la ville est toujours le même depuis 1990 alors que la population a augmenté », explique-t-il.

Les taxis et les entreprises trouvent le plan du maire « inutile ». Fahrettin Can, dirigeant d’une association de chauffeurs de taxi à l’aéroport d’Istanbul, estime la décision du maire d’« inappropriée » à l’heure actuelle, car « seuls 53 % des taxis sont occupés toute la journée, et d’autres ont du mal à trouver des passagers ».

Anaëlle Barthel

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