Politique, Société

Les violences se multiplient en Turquie

Le quartier général du HDP, des bureaux locaux et des magasins ont été attaqués dans le centre de la Turquie, faisant écho à la seconde attaque subie par le journal Hürriyet en moins de 48 heures.

HDP

Plusieurs marches anti-terreur ont dégénéré mardi 08 septembre. Des manifestants ultranationalistes ont attaqué le quartier général du Parti Démocratique du Peuple (HDP) accusé d’être proche du PKK à Ankara ainsi que plusieurs autres bureaux du HDP dans le centre de la province de l’Anatolie.

Des douzaines de manifestants ont bombardé le quartier général du HDP avec des jets de pierres et ont arraché les enseignes du parti avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

Dans la province de Kırşehir, les locaux du parti HDP ont été attaqués par un autre groupe qui a abaissé son drapeau et l’a remplacé par un drapeau turc au cours d’une marche nommée « maudit terrorisme » organisée par des militants du Parti du Mouvement Nationaliste (NMP). La manifestation a dérapé lorsqu’environ 150 individus dans la foule ont mis le feu à quatre magasins tenus par des hommes d’affaire kurdes.

Le feu a détruit les quatre magasins mais il a pu être contrôlé par les pompiers sans que personne ne soit blessé. Au total les bâtiments du HDP ont été attaqués et endommagés dans au moins six autres villes.

Ces agressions font écho aux nombreuses violences qui agitent aujourd’hui la Turquie outre les combats incessants avec le PKK. Ainsi le journal Hürriyet a été attaqué pour la seconde fois le soir du 08 septembre, 48 heures après que des militants de l’AKP ait bombardé de pierres ses locaux et abaissé son drapeau.

Environ 100 manifestants sont arrivés devant la porte principale du bâtiment le soir à 20 :30 et quatre coups de feu ont été entendus à leur approche. Ils se sont frayé un chemin dans le jardin malgré la présence d’une petite unité de police anti-émeute. Les forces de l’ordre les ont empêchés de rentrer dans le bâtiment au dernier moment, et les manifestants qui scandaient alors « Dieu est grand » ont été expulsés du jardin après que d’autres policiers soient arrivés environ 25 minutes plus tard. Les manifestants ont continué à crier des slogans à la porte des bureaux avant de quitter les lieux vers 22 heures.

La réaction du rédacteur en chef d’Hürriyet ne s’est pas faite attendre : « Je ne peux pas croire que je travaille comme journaliste dans une démocratie parce que la peur et la démocratie ne peuvent pas vivre de concert » a réagi Sedat Ergin. « S’ils étaient entrés dans le bâtiment, je ne sais pas si je me tiendrais devant vous maintenant ».

« Le gouvernement devrait assurer la sécurité dans une démocratie » ajoute Ergin. « Je ne suis pas sûr que je pourrai me sentir en sécurité lorsque j’entrerai dans ces locaux demain en tant que rédacteur en chef d’Hürriyet ».

Les bâtiments stambouliotes d’Hürriyet n’ont pas été les seuls touchés. Peu après l’attaque à Istanbul, les bureaux d’Ankara où sont imprimés les journaux ont aussi subi une attaque. Un groupe d’individus est arrivé devant le complexe avec des véhicules. Après avoir fermé les portes pour empêcher tout passage, les manifestants ont lancé des pierres au poste de sécurité du bâtiment. Les forces de sécurité ont empêché le groupe d’individus d’entrer dans les locaux et les ces derniers se sont retirés après avoir causé de nombreux dommages matériels.

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