Politique, Société

L’Etat et le PKK face à l’escalade de la violence

Les heurts entre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le Gouvernement ont atteint un nouveau stade ces derniers jours. De nombreuses attaques meurtrières ont éclaté dans le Sud-Est de la Turquie. Bilan d’une semaine sous haute tension.  

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Lundi 27 juillet

La 5ème vague d’opérations aériennes de l’armée contre le PKK a commencé dès le week-end dernier. L’armée de l’air a bombardé plusieurs zones dans le Nord de l’Irak, où se trouvent des bases arrière de la guérilla kurde, ainsi qu’en Syrie. Lundi matin, un F16 a attaqué des positions du PKK à partir de 8h30 jusqu’à 12h00 dans les régions de Hakkâri et de Şırnak.

À Van, dans les districts de Çaldıran et d’Erciş, des membres de l’organisation kurde ont de leur coté mené deux actions armées contre les forces de l’ordre : un soldat a été blessé et un véhicule en patrouille a été endommagé. Deux ponts qui relient l’autoroute de Diyarbakır à Muş ont également été touchés par des explosions.

Dans la soirée, un commandant de gendarmerie a été abattu alors qu’il rentrait à Malazgirt avec sa femme.

Mardi 28 juillet

À Tunceli, dans l’Est de la Turquie, le PKK a pris le contrôle d’une route, empêchant les automobilistes de passer. Les militants ont ensuite mis le feu à trois véhicules dont une voiture de pompier.

Mercredi 29 juillet

La journée a été marquée par la 6ème vague d’opération aérienne contre le terrorisme. Plusieurs bases du PKK dont des caves, des points logistiques et des abris, ont été touchées en Irak du Nord à Zap, Metina, Gare, Avaşin-Basyan, Hakurk et Kandil. Le nom des personnes tuées lors des derniers affrontements avec le PKK était écrit sur les missiles utilisés pendant l’opération.

Les militants kurdes ont réagi en kidnappant un policier en partance pour Şanlıurfa.

À Diyarbakır, un policier et un civil ont été tués après que des militants du PKK aient ouvert le feu sur eux dans la soirée. Les forces de sécurité ont mis en place un large dispositif pour retrouver les assaillants : treize personnes ont été arrêtées.

Dans la nuit, Istanbul a également le théâtre de tensions avec une attaque au cocktail molotov sur un bus en marche.

Jeudi 30 juillet

Trois gendarmes sont morts suite à un accrochage avec le PKK dans la province de Şırnak, dans le Sud-Est du pays. La guérilla kurde a attaqué un bataillon de gendarmerie et les forces de l’ordre ont immédiatement réagi, faisant un mort dans les rangs de la guérilla.

Dans la matinée, deux terroristes présumés ont été tués tandis que deux autres ont été blessés dans une opération de patrouille des forces de sécurité à Doğubayazıt (province d’Ağrı), à l’extrémité Est du pays.

Enfin, l’armée de l’air a bombardé plusieurs bases du PKK dans le Nord de l’Irak.

Vendredi 31 juillet

Mobilisant une trentaine d’avions, la 7ème vague d’opérations aériennes de l’armée turque a été lancée dans le Nord de l’Irak. Les bombardements ont visé plusieurs zones dans les régions de Zap, Metina et Haftanin.

F16

À Adana, le PKK a attaqué le département de la police, tuant deux policiers. Deux terroristes présumés ont été retrouvés mort. Une attaque à la rocket visant le quartier général de la police avait eu lieu dans la journée à Güroymak (province de Bitlis).

Depuis le début des raids aériens de l’armée turque, 190 personnes affiliées au PKK ont été tuées et environ 300 personnes ont été blessées. Les attentats perpétrés par le PKK ont fait eux près de 16 morts. La situation est dans une impasse alors qu’un cessez-le-feu avec l’organisation kurde était en application depuis 2013. Les raids aériens visaient également des bases de l’Etat islamique en Turquie et s’inscriveraient dans une lutte anti-terroriste plus globale depuis l’attentat de Suruç du 20 juillet dernier qui avait fait 32 morts.

Claire Villalon