Culture, Découverte

Des lettres d’amour ottomanes

Le quotidien Hürriyet révèle que des lettres d’amour envoyées par une ottomane à son sultan ont été dévoilées récemment et ont offert un nouvel éclairage sur l’une des plus célèbres histoires d’amour de cette époque.

Les lettres, publiées par les Archives présidentielles turques, furent envoyées par Hürrem, connue aussi sous le nom de Roxelane, à son époux, Soliman le Magnifique.

Les archivistes considèrent ces lettres comme l’un des meilleurs exemples de poésie et de prose turques au sein de la cour Ottomane. Elles furent écrites alors que le sultan était sur les champs de bataille.

Soliman 1er (Süleyman en turc) est considéré par de nombreux historiens comme le plus grand sultan de l’Empire ottoman. Son règne, qui a duré de 1520 à 1566, a été marqué par des campagnes militaires audacieuses qui ont élargi son royaume, mais aussi par des avancées considérables en matière de droit, de littérature, d’art et d’architecture.

Cependant, il est aussi connu pour son histoire d’amour avec Hürrem, qui était à la base son ancienne esclave.

« Je suis perdu dans cet univers créé par notre Seigneur. J’ai vécu mes meilleures années sous votre protection, comme une perle dans votre écrin […] Je ne trouve la paix qu’à vos côtés. Les mots et l’encre ne suffiraient pas pour exprimer mon bonheur et ma joie quand je suis juste à côté de vous. Les souvenirs des jours passés ensemble, des moments que nous avons partagés, remplissent le cœur de votre serviteur. Je me console avec ces souvenirs en votre absence. Je me sens faible quand vous êtes absent. Personne ne peut soulager ma douleur », lui écrit-elle en 1526.

Sa peine était si immense, qu’elle lui envoya également ses vêtements trempés de larmes avec l’une de ses lettres dans laquelle elle lui déclare : « Ma vie, mon Seigneur, mon cher Sultan, ma seule prière envers Allah est de revoir votre visage radieux. Plus de séparation à partir de maintenant… Je souhaite de la part de mon Seigneur que mon Sultan, mon bien-aimé, soit toujours heureux dans le monde et dans l’au-delà », avant de renchérir : « Vous remportez toujours des victoires contre vos ennemis. Je sais très bien que mon sultan est tombé sous le charme de cette esclave. Il essuya ses larmes… La rendit heureuse… J’ai choisi l’Islam à cause de lui. C’est pourquoi je ne peux qu’être heureuse auprès  de vous. Je vous envoie un de mes vêtements imbibés de mes larmes… Portez-le, s’il vous plaît, pour moi… »

Elle conclut sa lettre par ces mots : « Je ne souhaite que votre bonheur, dans les deux mondes. Votre pauvre et humble esclave, Hürrem ».

Hürrem s’est présentée au harem royal en tant qu’esclave à 15 ans. Elle a tout de suite attiré l’attention de Süleyman et est devenue sa favorite. Rompant le protocole ottoman, le sultan fit d’elle son épouse légitime tout en délaissant ses autres concubines. Elle lui donna cinq garçons – Mehmet, Abdullah, le sultan Selim II, Bayezid et Cihangir – ainsi qu’une fille : Mihrimah qui épousa le grand vizir Rüstem Pacha.

Elle est devenue l’une des femmes les plus influentes de l’histoire ottomane, elle fut notamment la conseillère de Soliman et aurait particulièrement influencé les orientations de politique étrangère de ce dernier. Son fils Sélim a succédé par la suite à Süleyman.

Mehdi Abdsalam

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