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L’Europe face à la crise des migrants : les accords européens devenus « obsolètes » selon Merkel

Mercredi 7 octobre, Angela Merkel a prononcé devant le Parlement européen un discours dans lequel elle a exprimé la nécessité de réviser certains accords européens relatifs à la demande d’asile. Face à la crise, François Hollande et Angel Merkel se sont mis d’accord sur la nécessité de renforcer l’unité et la solidarité entre les pays de l’Union européenne.

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D’après la chancelière allemande, la crise migratoire actuelle rend caduc le règlement Dublin III,  adopté en juin 2013. Cet accord prévoit qu’un réfugié doit déposer sa demande d’asile dans le premier pays membre de l’Union européenne dans lequel il arrive. Dans le cas d’un migrant majeur arrivant sur le territoire européen sans famille résidant dans le continent, la responsabilité de la demande d’asile revient à l’Etat par lequel il est entré dans l’UE. Dans le cas où il s’agit d’un mineur ou d’une personne disposant de famille en Europe, il est possible pour lui de déposer une demande d’asile dans un autre pays que celui par lequel il est entré.

Selon la chancelière allemande et le président français, c’est le premier cas de figure qui pose problème, l’afflux de migrant rendant « obsolète » l’accord de Dublin. Tous les deux plaident pour une « nouvelle procédure » capable de répartir avec plus « d’équité » les requérants entre pays européens. L’Allemagne devrait accueillir entre 800 000 et un million de migrants en 2015, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), et près de 124 000 réfugiés sont arrivés en Grèce entre le 1er janvier et le 31 juillet 2015. Face à ces chiffres, Angela Merkel, déclare : « Nous devons assumer de façon responsable l’attrait de l’Europe. »

Face à cette crise migratoire, il est nécessaire pour les pays de l’UE de réglementer l’arrivée des migrants. La Commission européenne, soutenue par la chancelière allemande, propose d’établir des quotas de réfugiés par pays. Il y a un mois, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, déclarait : « C’est 160 000 personnes que les Européens doivent prendre dans leurs bras […], ceci doit être fait de façon obligatoire. » L’Allemagne se place en première place des pays d’accueil avec 31 443 réfugiés, la France est juste derrière avec 24 031 réfugiés.

Pour résoudre cette crise, le message de François Hollande et Angela Merkel est simple : il faut faire appel à « plus d’Europe ». L’Etat-nation semble incapable de régler seul la question des migrants. Mercredi, devant le Parlement européen, les mots d’ordre des deux dirigeants étaient unité et solidarité.

Kheira Djouhri

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