Environnement

L’humanité consomme et les vertébrés trinquent

Le fonds mondial pour la nature (World Wide Fund – WWF) a rendu jeudi 27 octobre son rapport Planète vivante. Tous les deux ans, l’organisme établit un bilan de la biodiversité et de l’état de santé de la Terre. Pour son onzième état des lieux terrestre, Planète vivante fait un bilan plus qu’inquiétant. La moitié des êtres vivants vertébrés ont disparu dans les 40 dernières années.

3412305562_d3904989f5_bEn partenariat avec la Zoological society of London et l’organisation non gouvernementale globale Footprint Network, la WWF érige son rapport à partir de deux indicateurs.

Le premier est simple. Pour calculer l’indice Planète vivante, le nombre de groupe d’animaux vertébrés sur un territoire ont été dénombrés. Il reste 14.152 animaux sur 3.706 espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, de poissons et d’amphibiens. Entre 1970 et 2012, leur nombre a baissé de 58%. Le milieu d’eau douce est le plus affecté devant les espaces terrestres, tandis que les milieux maritimes se retrouvent en troisième position.

Le second indicateur utilisé pour établir ce rapport n’est autre que l’empreinte écologique qui mesure l’impact de l’homme sur la nature en hectares globaux (hag). Pour calculer l’empreinte écologique, il faut comparer l’étendue de surface terrestre et maritime nécessaire pour produire ce que nous consommons – les ressources alimentaires, mais aussi tout ce qui est combustible et construction – avec la surface terrestre et maritime nécessaire pour absorber tous nos déchets. Puis, on étudie la biocapacité de la Terre, à savoir la surface qu’elle met à notre disposition.

Or, il apparaît qu’en 2012, le monde utilisait 20,1 milliards d’hectares globaux soit 2,8 hag par personne. À savoir que la Terre met normalement à notre disposition 12 milliards hag.

Les pays qui exercent le plus de pression sur notre écosystème sont la Chine, les États-Unis, l’Inde, la Russie et le Japon. Mais, si l’on regarde l’empreinte écologique par habitant, c’est le Luxembourg qui se retrouve en première place avec 15,8 hag par personne, suivi de l’Australie (9,3 hag), des États-Unis et du Canada (8,2 hag). La France est à la 28e place avec 5,1 hag par habitant.

Les bons élèves sont le Pakistan, le Bangladesh, le Timor, Haïti et l’Éythrée avec une empreinte écologique proche de 0,6 hag.

Notre système alimentaire, un facteur majeur

L’une des principales causes de la disparition des vertébrés est notre système alimentaire qui empiète sur leur habitat naturel. Aujourd’hui, l’agriculture occupe 1/3 de la surface terrestre mondiale. Elle est responsable de 80% de la déforestation et pèse sur 80% de la consommation d’eau mondiale.

La surexploitation des espèces est aussi l’une des causes de leur extinction. La pêche de masse en est un exemple. Puis la pollution et le changement climatique ont un impact important sur leur survie également.

Le dépassement écologique est une conséquence de notre consommation. Il est dû directement aux émissions de CO2 émis par nos déchets.

Arnaud Gauffier, le responsable agriculture de WWF France assure que : « si tout le monde réduisait d’une demi-portion par jour sa consommation de protéines animales […] nous pourrions baisser de 25 % les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation », c’est cette mission que se donnent ces associations engagées pour l’environnement.

En étroites discussions avec les ministères compétents en la matière, un leitmotiv leur indique la marche à suivre : faire changer les mentalités et les comportements pour assurer un futur à notre planète.

Pascale-Mahé Keingna

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