International

Libye : la crise humanitaire s’aggrave

Depuis que le régime de Mouammar Kadhafi est tombé en 2011, le pays est en proie à une crise humanitaire sans précédent qui ne cesse de s’aggraver de jour en jour. Aujourd’hui, 2,4 millions de Libyens sont en attente d’aide humanitaire. Les Nations Unies (ONU) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme.
child-1154951_960_720

La situation en Libye est grave. La chute de Kadhafi a plongé le pays dans le chaos. Les conflits qui ont éclaté un peu partout entre différentes milices, mais aussi le retranchement de Daech à Syrte qui a engendré l’intervention des forces du Gouvernement d’union libyen – soutenu par l’ONU – et la récente intervention aérienne américaine, ont engendré une crise humanitaire sans précédent.

L’ONU estime que 300.000 personnes sont déplacées à l’intérieur même du pays qui compte environ 6,2 millions d’habitants ; soit une multiplication par deux du phénomène en moins d’un an. Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les familles déplacées survivraient dans des écoles, des usines ou encore dans des bâtiments abandonnés et dans des camps improvisés en plein air. En outre, l’organisation estime que 300.000 enfants sont déscolarisés.

Dans un communiqué publié sur le site de la mission de l’ONU en Libye, Martin Klober, l’émissaire de l’ONU pour le pays a déclaré : « Plus de 2,4 millions de personnes en Libye ont besoin d’aide humanitaire […] Ces personnes manquent de médicaments, de vaccins, et doivent composer  avec des services hospitaliers précaires. Près de 300 000 enfants sont déscolarisés et près de 350 000 Libyens ont été déplacés à travers le pays ».

La situation pour les migrants provenant de pays étrangers – notamment d’Afrique subsaharienne – est on ne peut plus délicate. Ce n’est pas moins de 270.000 migrants qui sont bloqués en Libye et qui ont besoin d’aide de toute urgence, ce que n’a pas manqué de rappeler l’émissaire de l’ONU qui a ajouté : « Les besoins humanitaires créés par la crise en Libye sont énormes, et cela devrait nous inciter à faire notre maximum pour redonner espoir aux gens, et particulièrement à ceux dans le besoin urgent d’aide humanitaire ».

Ainsi, près de la moitié de la population est affectée par les conflits armés qui font rage dans le pays et par l’instabilité qui y règne. Pour l’organisation une chose est certaine : la situation s’empire de jour en jour, acheminer de l’aide humanitaire devient de plus en plus complexe, voire dangereux, obligeant les associations humanitaires à coordonner leurs opérations de l’étranger. L’effectivité des services d’aide sur place est difficile à maintenir. De nombreux hôpitaux ont été gravement endommagés. Selon le maire de Benghazi – à l’est du pays -, Tarek Awad al-Orfi : neuf hôpitaux sur les onze centres médicaux de la ville ne fonctionnement plus, engendrant une situation sanitaire préoccupante.

Alors que vendredi 19 août était une journée internationale dédiée à l’aide humanitaire et rendant hommage aux individus qui se travaillent dans l’objectif d’apaiser les souffrances d’autrui à travers le monde, c’était aussi l’heure du bilan quant à la situation humanitaire dans le monde. Un bilan déplorable et dramatique puisque nous vivons actuellement la pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Lire aussi : http://aujourdhuilaturquie.com/fr/journee-mondiale-de-laide-humanitaire/

 À cette occasion, l’ONU a souligné la situation libyenne et a appelé à une mobilisation internationale : «Nous appelons le monde à tendre la main aux personnes affectées en LibyePlus de 2,4 millions de personnes ont besoin d’aide.»

Et le besoin d’aide est conséquent. Pour parer au plus urgent, l’ONU a besoin de 165 millions de dollars, des médicaments et des vaccins, des vêtements, ou encore de l’eau potable ainsi que des personnes prêtes à aider des familles, des hommes, des femmes, des enfants qui ont besoin de l’aide d’autres êtres humains pour survivre et retrouver un peu de dignité.

Camille Saulas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *