International, Politique

L’île de Chypre, la réunification ?

Treize ans après l’échec des négociations pour la réunification de la partie grecque et de la partie turque de Chypre, menées par le Secrétaire général de l’ONU de l’époque Kofi Annan, la question de la réunification s’est posée une nouvelle fois lors de la conférence de Genève le 23 janvier 2017.unnamed - copie

Parmi les épineux points de désaccord entre les deux parties de l’île on peut citer les droits de propriété qui nécessitent des compensations ou des restitutions, le partage du pouvoir et la présence de l’armée turque dans la partie nord de l’île.

Mais les responsables politiques des deux parties de l’île sont déterminés à trouver une solution qui permettra la réunification de l’île. Ces derniers ont d’ailleurs défini les frontières pour la carte de l’île réunie. Alors qu’en 2004, dans le cadre du plan Annan, c’est l’ONU qui avait proposé la carte.

En revanche, il n’y a pas d’entente sur les cartes présentées par les deux parties. Les Turcs Chypriotes, qui représentent 20% de la population et qui détiennent actuellement 36,6 % de l’île, acceptent d’en restituer une partie et de ne garder que 29,2% de la superficie totale de l’île, tandis que les Chypriotes grecques ne veulent leur laisser que 28,2 %.

Par ailleurs, la partie turque dispose de 60% de la superficie littorale de l’île, mais pour les autorités grecques cela ne devrait pas constituer plus de 50,5%. Inutile de rappeler l’importance de cette zone pour le tourisme et le transport des sources d’énergie. La découverte de gisements gaziers dans cette zone est un facteur déterminant pour une solution au problème chypriote.

Pour le porte-parole du gouvernement grec de l’île M. Nikos Hristodulidis : « c’est la plus importante conférence concernant le problème chypriote qui n’a jamais eu lieu ».

Mais les experts en Turquie restent méfiants. Pour ces derniers, les négociations se déroulent au même moment que les débats concernant la nouvelle Constitution du pays ainsi que l’intervention de la Turquie dans le conflit syrien. Ils craignent ainsi que la Turquie soit mise devant un fait accompli.

Face à la proposition des Grecs chypriotes qui souhaitent le retrait de l’armée turque du nord de Chypre une fois l’île réunie, la Turquie demande le maintien d’une partie de son armée ainsi que de son statut d’État garant de la sécurité sur l’île.

Enfin, la partie turque de l’île est pour un système fédéral avec une présidence tournante tandis que la patrie grecque y est opposée.

Force est de constater que les points de désaccord sont multiples et, comme l’évoque le Secrétaire général de l’ONU M. Antonio Guterres, « nous sommes qu’au début des négociations. Nous sommes proches d’une solution, mais il ne faut pas s’attendre rapidement à un miracle ».

Dans ce processus de négociations qui s’annonce long, l’opinion publique reste un facteur à ne pas négliger, car il interviendra lors d’une ultime étape : un référendum.

Mireille Sadège,
Rédactrice en chef, Docteur en histoire des relations internationales

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *