International, Politique

L’impact diplomatique de la victoire de Donald Trump

C’est donc le 9 novembre 2016 que contre toute attente, le Républicain Donald Trump, au terme d’une campagne violente et atypique, a triomphé de l’ancienne Secrétaire d’État Hillary Clinton à l’élection présidentielle américaine.donald_trump_and_mike_pence_rnc_july_2016Le moins que l’on puisse dire au moment où nous écrivons ces lignes c’est que les ambitions du futur président des États-Unis en matière de politique étrangère vont sans doute changer beaucoup de choses après les deux mandats du démocrate Barack Obama. En effet, si Donald Trump applique son programme en matière de politique extérieure, un rapprochement avec la Russie s’opérera en premier lieu notamment dans la crise syrienne puisque le nouveau locataire de la Maison-Blanche a promis, je cite, de « mettre KO » Daech en s’alliant au besoin avec la Russie. Ceci signifie que le blocage actuel au conseil de sécurité de l’ONU qui empêche toute résolution sur la crise syrienne pourrait bien être levé et que la politique suivie par la Russie de Poutine de soutenir le régime encore en place de Bachar Al Assad dans sa lutte contre ce qu’il désigne de manière globale comme des terroristes serait alors avalisée.

Ce changement serait radical et désavouerait l’ensemble du mouvement de soutien aux révolutions arabes des années 2010-2012 qui, comme on le sait, avait été largement soutenu par l’Administration Obama. Toujours dans la même région, le soutien à Israël sera renforcé plutôt que la recherche d’une position d’équilibre et d’équité qui aurait été bénéfique à une reprise du processus de paix. Enfin, Donald Trump a annoncé vouloir créer une « zone de sécurité » à l’intérieur de la Syrie qui serait financée par les monarchies du Golfe.

Par ailleurs, tout en annonçant son intention de renforcer considérablement l’armée américaine, il a toutefois souhaité à plusieurs reprises un désengagement progressif de l’OTAN avec une plus grande responsabilisation des autres membres. Ceci étant associé au rapprochement avec la Russie, nous pouvons penser que nous nous dirigerons sans doute vers une redistribution des zones d’influences entre les deux superpuissances en Europe et plus particulièrement en Europe centrale, où les États, aux pouvoirs de caractères populistes comme la Pologne ou la Hongrie, ont pourtant chaleureusement félicité le candidat républicain pour sa victoire dès le 9 novembre au soir.

Une politique très active se dessine également en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme avec un renforcement considérable des contrôles aux frontières, un durcissement des attributions de visa, la mise sous contrôle de secteurs entiers d’internet et enfin la construction de ce fameux « mur géant » à la frontière avec le voisin mexicain. Là aussi on le voit cet autre axe annoncé de la future politique étrangère du Président Trump promet des changements impressionnants s’il est appliqué.

Donald Trump prendra, en vertu de la loi électorale américaine, ses fonctions par sa prestation de serment en janvier 2017, mais nous pouvons dès à présent nous questionner sur les conséquences éventuelles d’une telle politique, sur l’impact de ces changements radicaux annoncés. En ce qui concerne l’émergence de pouvoirs populistes et autoritaires, nous pouvons esquisser que les deux ex « grands » de la guerre froide sont devenus des Etats avec des pouvoirs de ce type. Trump pour les États-Unis et Poutine pour la Russie, qui n’a jamais quitté le pouvoir depuis le 31 décembre 1999 soit depuis 17 ans en ne cessant d’affermir son autorité. Autour de ce fait à présent avéré gravitent d’autres États qui deviennent à leur tour aux prises avec des pouvoirs populistes, voire autoritaires, comme en Europe avec la Pologne et la Hongrie entre autres. L’Union européenne, déjà victime du Brexit, se trouve ainsi mise à mal par cette victoire de Donald Trump. Cela est sans doute dû au fait qu’un certain désengagement américain pourrait bien se produire sur la scène européenne au profit de cette réconciliation annoncée avec la Russie. L’UE se retrouverait alors seule face à ses problèmes et surtout face aux crises multiples qu’elle n’arrive pas à régler depuis 2008.

Voilà en quelques lignes les aspects que nous pouvions esquisser sur cette victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine. Les grands axes en matière de politique étrangère du futur président annoncent une coupure radicale avec la politique menée par l’Administration Obama. Le style offensif provocateur et parfois violent que nous avons pu voir chez le candidat républicain pendant la campagne annonce aussi, et c’est manifeste, un changement de ton sur la scène internationale. L’Union européenne n’a-t-elle pas là de nouveau une occasion de connaitre une relance, ne serait-ce que pour montrer à ce nouveau visage de l’Amérique qui est né le 9 novembre, que l’avenir du monde ne se fera pas sans le vieux continent ? Il est certain dans les consultations électorales européennes futures notamment en France et en Allemagne que cette élection aura un impact. Nous ne pouvons qu’espérer que celui-ci soit positif cette fois-ci pour l’Europe.

Dr Olivier Buirette,

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