Chroniques

L’Iran entame son ouverture à l’Occident

Dimanche 24 novembre dernier on pouvait lire en Une du quotidien Le Monde sur le Net, « Accord historique sur le nucléaire iranien », article accompagné d’une photo des ministres des Affaires étrangères iranien et français s’affichant tout sourire, comme pour dire « ça y est ».

Les Occidentaux avaient laissé échapper un accord sur le nucléaire iranien avant l’élection de Mahmoud Ahmadinejad, et la position de ce dernier sur la question avait alors conduit à une décennie de tension internationale. L’élection d’un nouveau président modéré qui s’engageait lors de sa campagne électorale à renouer les liens avec l’Occident et a mettre fin aux sanctions économiques qui asphyxient le pays était une opportunité à ne pas manquer. Ainsi après plusieurs semaines de négociations à Genève, un accord entre l’Iran et ses partenaires occidentaux sur son programme nucléaire est enfin obtenu. Bien qu’il ne s’agisse que d’un premier pas et que tout reste à négocier, les partis peuvent se féliciter.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif est le premier à l’annoncer sur son compte twitter : « Nous sommes parvenus à un accord ». Dans le camp des ministres des ‘5+1’ (Chine, États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) bien que la vigilance reste de mise, on reconnaît volontiers que cet accord représente une avancée importante pour la stabilité, la paix et la sécurité de la région,  y compris pour Israël, même si son Premier ministre le qualifie d’une ‘erreur historique’.

Rappelons que cet accord préliminaire signé à Genève pour six mois reconnaît le droit à la technologie nucléaire iranienne mais obtient aussi des garanties sur son caractère civil. L’Iran pourra continuer l’enrichissement de l’uranium mais celui-ci doit être bloqué à 5% . En échange, l’Iran obtient un allégement des sanctions économiques.

Fini donc la campagne de diabolisation de l’Iran sur la scène internationale. Dès le début des années 2000 nous entendons sans cesse que l’Iran va se doter de l’arme nucléaire et attaquer ses ennemis, ce qui n’est pas arrivé. Et depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis un scénario semblable pour l’Iran revient sans cesse mais qui ne s’est pas réalisé. L’échec des interventions en Irak, Afghanistan et Libye a fini donc par décider les Américains à privilégier la diplomatie aux interventions militaires, mieux vaut tard que jamais.

Pour finir, rappelons l’enjeu financier non négligeable de l’accord de Genève qui ouvre la voie au rétablissement des relations économiques entre l’Iran et les pays occidentaux en pleine crise économique. La bouffée d’oxygène est donc valable pour l’ensemble des partis signataires de l’accord. Les échanges commerciaux entre la France et l’Iran sont passés de 4,5 milliards d’euros en 2006 à 379 millions en 2013.

 
Mireille Sadège

 

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