Chroniques

L’Iran et la Russie marquent la rentrée politique

Vers la fin du mois d’août, nous nous retrouvions de nouveau dans un contexte semblable à celui de 2003 où les Américains avaient décidé d’envahir l’Irak contre la menace d’armes de destruction massive de ce pays. Seulement, en 2013 le président Obama n’est pas aussi décidé que G.W. Bush, et la chambre des députés en Grande Bretagne vient de se prononcer contre l’intervention. Quant à la position française elle est passée de farouchement opposée à l’absolue pro-intervention, quand l’Allemagne préfère se concentrer sur son économie. Mais le véritable changement est ailleurs : la position russe qui est allée au-delà d’une simple opposition à l’intervention en proposant une solution diplomatique, peut être provisoire, mais qui nous épargnerait un conflit. Ainsi, grâce à la crise syrienne, mais aussi de par sa puissance énergétique et sa solide croissance économique, la Russie fait son retour diplomatique et militaire dans la géopolitique du Moyen Orient et la Méditerranée, position qu’elle n’avait su retrouver depuis la fin de la guerre froide.
Mais le président Poutine ira plus loin encore : avec sa lettre ouverte aux Américains publiée dans New Times, celui qui incarnerait le despotisme à l’Est, juge alarmant le recours régulier des Américains à l’intervention militaire et ajoute : « Nous devons cesser d’utiliser le langage de la force et reprendre le chemin du règlement diplomatique et politique civilisé ».

Pour le nouveau président iranien Hassan Rohani, les réformes internes nécessaires à la survie de la République islamique sont liées aux relations avec l’Ouest. Avec son ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, le président iranien forme un duo modéré avec une grande expérience de la diplomatie. Leur objectif étant de débarrasser l’Iran de son image actuelle et de renouer les relations avec les États-Unis. Une normalisation des relations entre les deux pays est un enjeu majeur très bénéfique à la stabilisation du Proche-Orient, ceci restant cependant intimement lié à la question du nucléaire. Le nucléaire, c’est justement la carte que M. Rohani veut utiliser pour négocier avec les Américains, il ne s’agit bien sûr en aucun cas d’y renoncer, seulement de le limiter à un usage civil.
Le président iranien annonce la fin des querelles et plaide pour un engagement constructif.  Ainsi, en échange d’un compromis sur les questions nucléaire et syrienne, il propose d’aider les Américains à régler les problèmes de la violence et de conflit dans le grand Moyen-Orient.
Le président Obama reste prudent mais voit dans cette ouverture une opportunité à ne pas manquer.
La question est de savoir, le retour de l’Iran sur la scène internationale se fera-t-il au détriment de la Turquie ?

 Mireille Sadège

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