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L’ONU cède à l’Arabie Saoudite dans le dossier yéménite

Nouvelle déconvenue pour l’ONU. Le mardi 7 juin, le secrétaire général Ban Ki-moon a cédé au chantage saoudien.

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Actuellement en guerre civile, le Yémen est rongé par un conflit qui oppose les forces de l’ex président Ali Abdallah Saleh, soutenu par une rébellion chiite Houthis, à l’actuel président Abd Rabo Mansour Hadi, soutenu notamment par Ryad.

Dans un rapport publié le 2 juin dernier, la coalition menée par l’Arabie Saoudite est accusée d’être à l’origine de la mort de 60% des 785 enfants tués et 1168 mineurs blessés en 2015.

Ce conflit revêt une dimension internationale puisque les tensions entre l’Iran et l’Arabie Saoudite se cristallisent dans le dossier yéménite. En mars 2015, l’Arabie Saoudite est intervenue pour stabiliser le pays, dans le cadre d’une coalition de pays musulmans.

La monarchie islamique dirigée par la famille Saoud soutient le gouvernement en place face aux rebelles, qu’elle considère comme des terroristes à la solde de la République Islamique d’Iran.

Par l’intermédiaire d’Abdallah Al-Mouallimi, représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès des Nations unies, la monarchie islamique a insisté pour que le rapport « soit rectifié immédiatement », et que l’Arabie soit retirée de la liste des pays responsables de la mort d’enfants au Yémen.

L’ambassadeur, conscient que des dommages collatéraux arrivent en temps de guerre, réfute les chiffres du rapport publié la semaine dernière.

D’abord réticent à tout changement, l’ONU a finalement cédé à la pression politique saoudienne, mais surtout au chantage économique réalisé par l’Arabie Saoudite. Impliqué au sein de l’ONU, Ryad a menacé de couper plusieurs financements et programmes tel que UNRWA, programme de secours qui vient en aide aux réfugiés Palestinien dans la Bande de Gaza et au Proche Orient.

Des alliés de la coopération Islamique et de la Ligue arabe menaçaient aussi les Nations unies de mettre fin à certains partenariats, ce qui aurait déstabilisé l’ONU puisque des pays de la région sont des contributeurs et donateurs importants à l’organisation.

C’est un nouveau revers qu’essuie Ban Ki-Moon. « C’est l’une des décisions les plus douloureuses et les plus difficiles que j’ai eues à prendre » avoue le secrétaire général de l’ONU en charge depuis le 1er janvier 2007.La coalition menée par l’Arabie Saoudite est retirée de la liste noire, et sera soumise à une « révision » selon le porte-parole de l’ONU.

Plusieurs ONG dont Amnesty International, Human Right Watch ou encore Oxfam ont adressé une lettre au secrétaire général des Nations Unies, dénonçant ainsi les actions de l’Arabie Saoudite au Yémen. Leurs objectifs sont de remettre le pays sur la liste noire de l’ONU ainsi que critiquer le double jeu diplomatique et politique du géant sunnite.

Tom Crance

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