International, Politique

L’OTAN va déployer des avions de surveillance en Turquie

L’OTAN devrait déployer très prochainement plusieurs avions de reconnaissance en Turquie pour soutenir sa défense aérienne.

 

Lundi 28 décembre, le Ministère de la Défense allemand a annoncé le déploiement par l’OTAN de plusieurs avions de surveillance en Turquie, dans le cadre de l’aide promise par l’Alliance au début du mois pour « assurer la sécurité de la Turquie ».

« Cette mesure sera purement défensive » a déclaré le porte-parole de la Défense allemande Boris Nannt, lors d’une conférence de presse à Berlin. Des appareils actuellement stationnés dans la base de Geilenkirchen (Ouest de l’Allemagne) devraient être provisoirement transférés vers la base aérienne de Konya (Sud de la Turquie). Leur nombre ainsi que le calendrier n’ont pas encore été fixés.

Les avions militaires AWACS (Airborne Warning and Control System) sont équipés de radars longue-portée capables de détecter des contacts dans l’air et sur le sol. Les alliés de l’OTAN s’étaient mis d’accord dès le 18 décembre dernier pour renforcer la défense aérienne turque, au vu de la dégradation de la situation aux frontières syrienne et irakienne, et des tensions croissantes entre Moscou et Ankara depuis que des soldats turcs ont abattu un avion militaire russe le 24 novembre. L’aéronef aurait violé l’espace aérien turc, après plusieurs incursions russes au cours du mois précédent. L’incident était survenu quelques jours seulement après le début de la campagne russe en Syrie, le 30 septembre.

En Allemagne, l’annonce a fait mouche, sachant que le pays fournit une partie conséquente du personnel et du matériel qui doivent être déployés. Le Ministère de la Défense allemand a par ailleurs affirmé qu’il ne solliciterait pas l’avis du Bundestag pour l’envoi de soldats allemands à l’étranger, au motif qu’il s’agit d’une opération « purement défensive », consistant simplement à aider à la surveillance de l’espace aérien, et non d’une offensive armée. Plusieurs responsables de l’opposition ont fait savoir leur inquiétude, voire leur hostilité à l’envoi de soldats et de matériel allemands en Turquie, exigeant pour certains une consultation du Parlement. Le Bundestag (chambre basse du Parlement allemand) avait déjà été sollicité début décembre pour approuver la participation de jusqu’à 1 200 soldats allemands aux opérations internationales contre les djihadistes du groupe État islamique en Syrie et en Irak.

 

Coralie Forget

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