Environnement, International

Lundi, notre planète vivra à crédit

Comme tous les ans, l’ONG Global Footprint Network a rendu public son rapport sur la consommation des ressources naturelles. Selon l’organisation, dès lundi 8 août, l’humanité aura consommé la totalité des ressources que la Terre peut renouveler en un an. environmental-protection-544198_960_720 Lundi 8 août sera une journée particulière puisque, de façon tragique, elle marquera l’ « Earth overshoot day » ou « le jour de dépassement de la Terre » ; soit le moment de l’année où l’Homme aura consommé de façon irresponsable la totalité des réserves que notre planète est capable de nous fournir et renouveler en 12 mois.

En effet, Global Footprint Network et World Widlife Fund (WWF) expliquent dans un communiqué que dans trois jours « nous commencerons à vivre au-dessus de nos moyens écologiques ». Autrement dit, cela signifie que, l’année n’étant pas écoulée, en 2016, la population mondiale aurait besoin avec son train de vie actuel des ressources de 1,6 planète pour ne pas vivre à crédit.

Le jour de dépassement de la Terre ne cesse d’avancer

Comme si vivre au-dessus des moyens de la planète ne suffisait pas, il est particulièrement inquiétant de constater que la date « avance inexorablement depuis les années 1970 » comme le révèlent les deux ONG. En effet, en 1970, celle-ci tombait le 23 décembre, dix ans plus tard le 3 novembre, puis en 1990 le 13 octobre et en 2000 le 4 octobre.

Pire, cette tendance s’amplifie dans la mesure où en 2010, le jour de dépassement de la Terre arrivait le 28 août, l’année dernière le 13 août et désormais 5 jours plus tôt…

Cette année, la dette écologique va donc se poursuivre durant 140 jours, soit jusqu’au 31 décembre, selon les calculs de l’ONG qui sont basés sur les ressources consommées pour la pêche, l’élevage, l’agriculture et la construction ainsi que sur notre utilisation d’eau, mais surtout sur l’empreinte carbone.

Les émissions de CO2, principales responsables de notre dette

Sans grande surprise, c’est l’augmentation des émissions de CO2 qui explique l’avancée de cette date fatidique puisque ces émissions représentent environ 63 % de l’empreinte écologique globale.

Selon le rapport annuel sur l’état du climat – « State of the Climate » -, supervisé par 450 scientifiques, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records l’année dernière et ont des conséquences déplorables pour notre planète, mais aussi, par effet d’entrainement, pour la vie humaine.

La WWF appuie d’ailleurs là où ça fait mal : « En huit mois, nous avons émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts ne pouvaient absorber en un an, nous avons pêché plus de poissons, coupé plus d’arbres, fait plus de récoltes, consommé plus d’eau que ce que la Terre aurait pu produire sur cette même période ».

En outre, les ONG qui se penchent sur ce problème tirent la sonnette d’alarme dans la mesure où en 2030, sans diminution des émissions mondiales de CO2, l’humanité aura consommé l’intégralité de son budget écologique dès le mois de juin.

Des conséquences irréversibles

Il est indispensable de comprendre que cette date n’est pas qu’une case à marquer d’une croix rouge sur un calendrier. En effet, cette dette écologique qui ne cesse d’augmenter entraine des conséquences désastreuses et, en premier lieu, un manque d’eau qui implique l’amplification de phénomènes dangereux telles la désertification et l’érosion des sols.

De plus, un tel comportement irresponsable de l’humanité accentue de façon exponentielle la déforestation et la disparition des espèces sous toutes leurs formes.

La communauté internationale commence à se réveiller

Si cela fait des années que scientifiques et experts soulignent la nécessité vitale de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, la conférence de décembre dernier sur le climat qui a eu lieu à Paris arrive un peu tard même si elle fut un pas dans la bonne direction.

Lors de la COP 21, 195 États ont signé les accords de Paris dans l’objectif de maintenir le seuil d’augmentation de la température au-dessous de 2°C et, si possible, atteindre un niveau proche de zéro degré dans 24 ans.

Les efforts de certains pays sont à souligner, voire à saluer. La WWF appelle les autres États du monde à prendre exemple sur le Costa Rica qui a produit « 97% de son électricité grâce à des énergies renouvelables au cours du premier trimestre 2016 ». Les progrès de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et du Portugal sont aussi notables. Lisbonne a en effet réussi pendant plusieurs jours à assurer par les énergies renouvelables 100% de ses besoins électriques.

Tant d’exemples qui prouvent que notre monde peut faire plus pour notre planète qui tente encore d’héberger la vie humaine.

À chacun de faire sa part

Pour ce faire, la WWF lance un appel à chacun d’entre nous : arrêtons tout d’abord le gaspillage alimentaire.

Comme le stipule l’ONG, il est nécessaire de revoir « la manière dont nous produisons notre nourriture et notre énergie, et dont nous utilisons l’eau » du fait de leur effet sur les écosystèmes qu’abrite notre planète. L’organisation ajoute qu’il faut accompagner « les entreprises dans la transformation de leurs chaînes d’approvisionnement vers des matières premières plus durables issues de l’agriculture, de la pêche ou des forêts ».

Toujours selon la WWF, à notre échelle, il est possible et primordial d’éviter le gaspillage alimentaire qui est en constante augmentation : chaque année, 30% de la nourriture mondiale est gaspillée. Mais il devient aussi indispensable que chacun d’entre nous se rende compte qu’il faut consommer moins de viande ; la production et la surconsommation de cette denrée nuisant à la protection de notre environnement naturel, mais aussi à notre santé.

Il est grand temps de réagir et que chacun fasse un effort, car, comme le déplore la WWF : « Vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment »

Camille Saulas. 

 

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