Art, Culture

L’UNESCO souhaite déjà un joyeux anniversaire à la République turque

A l’occasion d’un récital de la pianiste turque Idil Biret donné à la maison de l’UNESCO, la directrice générale de l’organisation a tenu dans son discours de présentation à souhaiter en avance un bon anniversaire à la Turquie. La République turque, proclamée à Ankara le 29 octobre 1923, fêtera ce mercredi ses 91 ans d’existence.

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« Mieux vaut trop tôt que trop tard » aurait régulièrement clamé une certaine pucelle d’Orléans. Il faut croire que la locution de l’héroïne de France aura aussi aisément parcouru les siècles que les kilomètres séparant Domrémy de Paris. Jeudi 23 octobre dernier, c’est en effet de la Ville Lumière qu’est venu le premier message de bon anniversaire adressé à la Turquie, pas moins de six jours en avance.

1Ce soir là, la Maison de l’UNESCO, située dans le 7e arrondissement, accueillait le récital d’une grande dame du piano : Idil Biret. Née à Ankara mais formée en France par des monstres sacrés tels que Nadia Boulanger, la virtuose, spécialiste du répertoire romantique, représente à elle seule une certaine idée de la culture comme lien entre les peuples. Irina Bokova, la directrice générale de l’institution, ne s’y est pas trompée quand, dans son discours inaugural, elle loua un parcours qui a « tracé des chemins à travers toute l’Europe » et une musique bâtisseuse « de ponts entre toutes les nationalités » avant de poursuivre : « Qu’une pianiste turque, formée en France, ait été décorée du titre d’Artiste d’État pour sa contribution à la culture turque, et en même temps par la plus haute distinction polonaise pour sa contribution à la culture polonaise grâce à ses interprétations de Chopin, témoigne de bien autre chose qu’un talent exceptionnel : c’est une capacité à toucher au cœur de ce qui nous unit, par-delà les différences d’origines, de langues, de croyances. Et c’est bien ce sentiment d’unité, de beauté, d’harmonie que nous recherchons tous au milieu du fracas du monde, et que nous sommes venus éprouver ce soir, en vous écoutant. »

Mme Bokova profita des circonstances pour ensuite remercier la délégation permanente turque auprès de l’UNESCO, avec à sa tête l’ambassadeur Hüseyin Avni Botsalı, avant d’adresser les vœux de la célèbre institution à la République turque : « Ce soir nous célébrons aussi la Turquie, dont nous fêtons en cette occasion le quatre-vingt onzième anniversaire, et je voudrais saisir l’occasion de saluer les liens profonds tissés au long de ces années entre l’UNESCO et la Turquie, membre fondateur de cette belle maison. Je remercie le gouvernement de Turquie pour son engagement et son soutien à l’UNESCO. Joyeux anniversaire ! »

Une Turquie qui, selon Irina Bokova, « a toujours été et reste une championne de l’UNESCO » ainsi qu’une « ardente partisante de notre initiative globale Culture : un Pont vers le Développement, qui promeut la culture comme une force de dialogue, de compréhension mutuelle et de développement ». Enfin, concluant sur le thème de la soirée, à savoir celui de la musique, la haute fonctionnaire a tenu à rappeler « le formidable succès l’année dernière de la Journée Internationale du Jazz » dans une ville d’Istanbul qui, si elle demeure « une des meilleures villes du monde en matière de musique, traditionnelle comme classique », en est pas moins « une grande ville de jazz. »

Alexandre De Grauwe-Joignon

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