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Lycée Saint-Joseph : Exposition d’Ekin Kano – « Mes côtes se soulèvent, Variations sur l’être »

Ne manquez pas la première exposition personnelle d’Ekin Kano, intitulée « Mes côtes se soulèvent, Variations sur l’être », qui se tiendra du 12 septembre au 25 octobre au premier étage de la Maison Caporal à l’entrée du lycée français Saint-Joseph, à Istanbul. Le vernissage de cet événement aura lieu le 11 septembre, dès 18 h.

Interroger la porosité des limites entre l’humain et le non-humain : tel est l’axe principal sur lequel s’oriente la pratique artistique d’Ekin Kano. Traitant le corps comme une structure indéfinie et sans limites, les peintures d’Ekin Kano offrent d’autres possibilités de matérialité à l’existence. Inspirée par la théorie de l’évolution, les illustrations médicales et l’histoire naturelle, Ekin Kano crée des organismes qui reflètent l’infinité des formes corporelles non-humaines que les êtres vivants peuvent revêtir. Ces organismes, qui peuvent sembler charnus et chaleureux à première vue, mais qui possèdent également l’immobilité et la stabilité d’un rocher, s’incarnent dans des corps énigmatiques, situés à mi-chemin entre le vivant et l’inerte. Leur insertion dans des paysages interminables et intemporels accentue encore leur caractère illimité, déplacé.

Tel un alchimiste dans son approche du dessin, Kano préfère produire ses propres supports de peinture, en se servant de méthodes anciennes, plutôt que d’utiliser des matériaux industriels. La sculpture en verre soufflé, intitulée “Kendini Yaşayan Beden / Le corps vivant soi-même”, contient une colonie de champignons, alimentée de kombucha, résultat d’une culture symbiotique de bactérie d’acide acétique et de levure, qui continuera à évoluer et à se multiplier au fur et à mesure de l’exposition. Quant à la série de collages intitulée “Atalara Tapınma / Culte des ancêtres”, elle est réalisée avec le papier bactérien que l’artiste a produit elle-même à partir d’une souche de kombucha séché.

Les fenêtres du premier étage de la Maison Caporal s’ouvrent sur les arbres et les plantes historiques du jardin du lycée. Entre l’exposition et le jardin ont lieu des résonances, à travers des œuvres comme la peinture intitulée “Tek Yumurta İkizi / Jumelle identique”, née de la transformation imaginaire d’un Micocoulier du Midi (Celtis australis) présent dans le jardin, ou encore la série de collages “Atalara Tapınma / Culte des ancêtres”, apposée sur les vitres des fenêtres.

À une époque – l’anthropocène – où l’être humain est devenu un acteur biologique, chimique et géologique dont les activités ont un impact global significatif sur l’écosystème terrestre, l’exposition “Mes côtes se soulèvent, Variations sur l’être” propose une histoire naturelle alternative, où s’exprime une approche biocentrique qui retire à l’être humain la place qui lui était attribuée au centre de l’univers.

Ekin Kano (Istanbul, 1990) est diplômée du département photographie et vidéo de l’Université Technique Yıldız. Après un programme d’échange à l’Académie Royale Den Haag, elle a obtenu son master en arts visuels, design et communication visuelle à l’Université Sabancı. Ses œuvres, questionnant l’anthropocène, la théorie de l’évolution et l’Histoire naturelle ont été exposées à Istanbul, Los Angeles, Zurich, Paris, Belgrade et Winterthur.

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