International, Politique

Macron – Poutine, une rencontre au sommet

Le 24 mai dernier, le président français Emmanuel Macron était reçu au palais Constantin près de Saint-Pétersbourg par son homologue russe Vladimir Poutine. Comme un clin d’œil à leur première rencontre, il y a maintenant un an, au château de Versailles.

Cette visite est survenue à l’occasion du Forum économique de Saint-Pétersbourg, grand rendez-vous des milieux d’affaires russes. Au programme de cette rencontre au sommet entre les deux chefs d’État ? Un « dialogue substantiel » afin de valoriser les points d’accord, selon une source française. Le président français est allé plus loin encore en déclarant que « le moment que nous vivons impose que nos deux pays puissent prendre des initiatives communes ».

En clair, une visite bilatérale attendue et observée par les classes médiatique et politique des deux pays, certes, mais aussi les gouvernements concernés par les sujets discutés.

Car cette rencontre s’est en effet produite dans un contexte lourd. Annexion de la Crimée en mars 2014, ingérences russes dans les campagnes électorales de plusieurs pays européens et des États-Unis, l’empoisonnement de l’ancien agent soviétique Skripal et les suites diplomatiques qui en ont résulté, les frappes occidentales contre le régime syrien que Moscou soutient… Une multitude d’éléments qui font que les relatons entre la Russie et les pays occidentaux n’ont jamais été aussi mauvaises depuis la Guerre froide. Qui plus est, les relations entre Paris et Moscou étaient au plus mal sous le quinquennat français précédent.

Par cette visite, le décideur français, dans une logique qui se veut pragmatique et réaliste, a ainsi opté une fois de plus pour le dialogue afin de composer avec un acteur russe bel et bien de retour sur la scène internationale. Cela en raison de l’actualité et notamment le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et une position américaine dure qui a donc suscité leurs inquiétudes. En effet, si l’Iran décide à son tour de se retirer de l’accord, son programme nucléaire pourrait reprendre, au grand dam des puissances internationales. Ils semblent aussi prêts à œuvrer ensemble pour trouver une solution politique à un conflit syrien aux conséquences régionales, voire internationales. Dans un cas comme dans l’autre, ces deux acteurs considèrent qu’il s’agit d’opportunités. Alors que la chancelière allemande Angela Merkel est affaiblie politiquement, la Première ministre Theresay May est embourbée dans le Brexit, tandis que le président américain Donald Trump semble agir unilatéralement.

Mais il n’est pas certain que la conjoncture suffise à créer un tandem franco-russe, même sur certains dossiers, tant les divergences persistent. Moscou continue de soutenir un gouvernement syrien qui, de fait, ne se voit pas contraint de négocier avec l’opposition comme l’aurait permis une supervision onusienne. En parallèle, la Russie souhaite conserver l’accord sur le nucléaire iranien tandis que les Européens souhaitent l’élargir au programme balistique et étendre l’application au-delà de 2025.

En définitive, le dialogue existe. Il y a des convergences et presque autant de divergences, mais il existe. La visite n’avait rien d’amical, mais elle s’est déroulée. Est-ce l’élan du nouveau quinquennat ou ces liens s’inscriront-ils dans la durée ? Pour l’heure, une seule certitude : la relation franco-russe ne finit pas d’être observée, commentée, enviée et critiquée.

Kıymet Altan

 

 

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