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La feuille de route de Manuel Valls validée par l’Assemblée Nationale

Manuel Valls pendant son discours de politique générale, mardi 8 Avril

Manuel Valls pendant son discours de politique générale, mardi 8 Avril

Une semaine après son arrivée à Matignon, Manuel Valls réalisait aujourd’hui son grand oral devant les députés. Ce discours de politique générale est un exercice classique de la démocratie républicaine visant à présenter les intentions politiques d’un nouveau gouvernement, il a été suivi d’un vote de confiance de l’Assemblée. Enjeux, mesures annoncées et soutiens parlementaires étaient au menu de l’après-midi.

Face à l’exaspération des Français et au message envoyé lors du dernier scrutin électoral, Manuel Valls se devait de rassurer les parlementaires et d’expliquer méthodiquement sa démarche. Les enjeux de cet exercice devant l’Assemblée Nationale étaient nombreux pour l’exécutif, au premier plan duquel, confirmer l’image d’un gouvernement de combat. Pour contrebalancer l’image du gouvernement précédent, François Hollande l’avait promis lundi dernier, Manuel Valls a exprimé devant les députés sa volonté  « d’ouvrir une nouvelle étape du quinquennat (…) avec un gouvernement compact, resserré et solidaire ».

Le deuxième temps du discours a été l’occasion d’expliquer la politique économique que comptait mettre en œuvre le gouvernement. Et en premier lieu le pacte de responsabilité et de solidarité.  Le Premier Ministre a insisté que « le coût du travail devait baisser pour servir de levier à la création d’emplois ». Il a ainsi détaillé une baisse de 30 milliards d’euros des charges pour les entreprises d’ici à 2016 : suppressions des charges patronales pour les salariés au SMIC, allègement au delà du SMIC et jusqu’à 1,6 fois sa valeur, ainsi qu’une baisse des cotisations familiales de 1,8 points en 2016. À cela s’ajoute un effort supplémentaire sur la fiscalité, qui en lien avec la baisse des charges impose aux employeurs de tenir leurs engagements en matière de création d’emplois et de formation.

Manuel Valls a, en outre, abordé l’importance de réaliser des efforts sur la transition énergétique, permettant de créer de nouveaux emplois dans des secteurs porteurs. Il s’est aussi engagé à conforter la proposition du candidat Hollande de réduire à 50% la part du nucléaire dans la consommation d’électricité d’ici à 2025.

L’un des autres points importants était de s’atteler à la baisse de la dette. En prônant une réduction des dépenses de 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017, Manuel Valls a détaillé les coupes budgétaires. L’État assurera 19 milliards d’euros d’économies, suivis de 20 milliards d’euros répartis à moitié entre l’Assurance maladie et les collectivités locales, le reste étant assuré pas diverses réorganisations des services. Manuel Valls a prévenu que cela devait se faire sans « casser la croissance ».

Une des dernières orientations du Premier ministre a été de confirmer la réforme territoriale en annonçant quatre évolutions importantes : diviser par deux le nombre de régions, réformer les intercommunalités, supprimer la capacité d’initiative des collectivités et enfin remettre en question les conseils départementaux.

Il a enfin souhaité un vaste changement dans la politique menée par l’Europe en souhaitant des mesures en faveurs de l’emploi des jeunes.

La confiance accordée malgré des incertitudes

Ce grand test pour le gouvernement a été voté par 306 voix contre 239, 26 députés se sont abstenus. Le résultat est d’importance puisque toute la semaine, précédent le discours de Manuel Valls, les spéculations ont fait vaciller la capacité du gouvernement à réunir une majorité sur son programme. Le Front de Gauche avait annoncé bien avant mardi après-midi qu’il ne lui accorderait pas sa confiance.

Au sein même de la fine majorité socialiste, l’assurance de disposer d’un vote majoritaire laissait planer le doute. L’exemple le plus frappant fut la réunion de cents députés socialistes qui demandaient « un contrat de majorité » au gouvernement pour que les erreurs récentes du passé ne soient pas reproduites. Le discours du Premier ministre semble avoir réussi à rassurer sa majorité, un tant soit peu divisée ces derniers temps.

Mais là où l’interrogation est la plus grande, c’est en ce qui concerne la confiance accordée par les écologistes. Sortis volontairement du gouvernement la semaine dernière, les députés d’Europe Écologie-Les Verts se sont achoppés ces derniers jours pour convenir d’une position face au projet gouvernemental. Oscillant entre rancœur et fierté d’un côté et participation au jeu démocratique de l’autre, les dix-sept députés écologistes ont hésité entre l’abstention et la confiance pour le projet de l’exécutif. François de De Rugy, coprésident du groupe à l’Assemblée, souhaitait « une position de groupe », qui, finalement, s’est plutôt bien accordée.

Le résultat final montre que la confiance reste délicate et que le gouvernement a encore beaucoup à prouver dans les prochains mois.

L’ambitieux programme de Manuel Valls, désormais validé par l’Assemblée Nationale, projette d’ores et déjà le gouvernement sur le long chemin des réformes et de la relance du pays. Un chantier qui s’annonce plus que compliqué.

Pierre Lelièvre

1 Comment

  1. Citizen

    WOW.. this is really amazing !

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