Culture

Marie-Lou Desmeules : « artiste caméléon »

143_fotoLe 1er décembre, la galerie Studio 9 située à Istanbul dans le quartier de Nişantaşı accueillait le vernissage de l’exposition de l’artiste plasticienne québécoise Marie-Lou Desmeules, qui proposait ce soir-là une performance en directe.

Alors que chacun se balade dans la galerie, déguste les petits fours et discute avec les autres convives, nombreux sont ceux qui ne semblent pas remarquer l’artiste en pleine création. Elle est en effet cachée, dans un atelier improvisé, derrière deux rideaux noirs. Seules quelques petites lucarnes en dentelle permettent aux plus curieux et aux plus perspicaces de venir admirer le spectacle. En effet, la performance en direct fait désormais partie intégrante du travail de l’artiste. « En réalité, c’est plus facile pour moi de travailler seule dans mon atelier », confie-t-elle, mais « les spectateurs n’ont pas à s’asseoir pour attendre l’oeuvre finale, c’est plus interactif ». De même, « la musique qui joue durant la session provoque un effet grandiose sur mon imagination »

Ainsi, en s’approchant un peu, on pouvait apercevoir l’artiste jongler entre ses peintures, tissus, et autres matériaux et les appliquer sur…son modèle. Oui, car Marie-Lou Desmeules n’agit pas seule, elle effectue ce qu’elle appelle des « chirurgies picturales ». Comme elle l’explique volontiers, elle « crée des mises en scène avec des références qui piègeront le modèle dans une existence étrangère et muette » en s’inspirant de l’actualité, de la mode, des marchés aux puces… Pour cela, elle couvre son modèle de couches de peinture, de matériaux plastiques et utilise une multitude d’objets et accessoires pour lui donner une identité. Issue d’une « famille de collectionneurs de petits objets hétéroclytes et de livres anciens », c’est à cela qu’elle attribue sa fascination pour les objets. Lorsqu’on lui demande dans quelle discipline elle s’inscrit, sculpture ? Peinture ?… Marie-Lou Desmeules répond tout simplement : « je ne veux pas restreindre mon travail dans une seule catégorie artistique, il est primordial pour moi de toucher à tout. On me dit artiste “caméléon” ».

Les photos, seules témoins matériels des actes de performance, sont à venir admirer sur les murs de la Galerie Studio 9 à Nişantaşı jusqu’au 15 janvier 2012.

M.L.

Janvier 2012

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