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Mehmet Ali Uysal danse avec l’espace

Crédit photo : Retmen Sipa Press

Mehmet Ali Uysal est un artiste turc, né en 1976 à Mersin. 

Tout d’abord, il a étudié l’urbanisme et l’aménagement du territoire à ODTÜ (Université technique du Moyen-Orient/section Architecture), puis la sculpture au sein de l’Université Hacettepe à Ankara où il obtient son doctorat à la suite d’une année d’échange à l’École nationale supérieure d’art de Bourges avec pour sujet « Jouer avec l’espace » (Playing with space). 

Il vit et travaille entre Ankara et Paris, en multipliant les installations à travers le monde.

En 2005, il investit pour sa première exposition personnelle nommée « Tebdilimekan », qui se déroula au Tepe Contemporary Art Space à Istanbul. En 2008, il présente « Ex-Libris » à la Galerie Eigenheim à Weimar, avant de s’envoler pour la Belgique pour le Festival Cinq Saisons en 2010. L’année suivante, il réalise « Malist » au Q Contemporary de Beyrouth. En 2013, il expose également à l’Art Basel Hong-Kong, puis à la fondation Stiftung Starke à Berlin. Il est ensuite invité au Pi Artworks de Londres (2015) et à la Sapar Contemporary de New York (2016). En 2018, il signait « Home is Where the (He) art is » à la Galerie Paris-Beijing à Paris. En 2020, il expose « Ne m’abandonne pas » à la Galerie Paris-B. 

« SU » par Mehmet Ali Uysal pour Le Bon Marché Rive Gauche. ©

Cette année, il expose à Paris jusqu’au 20 février pour Le Bon Marché Rive Gauche « Su », reflet des enjeux du climat. 

Mehmet Ali Uysal est un artiste atypique, considéré comme une figure majeure de l’art contemporain turc, avec sa propre vision. 

L’artiste a décidé de détourner le réel afin de défier les lois de la nature.

Grâce à l’influence de sa formation en architecture et de sa capacité d’explorer l’imaginaire, il définit l’espace en ces termes : « L’espace c’est comme un corps, c’est vivant ». Il nous place dans deux notions qui définissent la même chose : « Home and House ». L’espace devient alors notre « chez nous ».

Il nous offre une vision singulière et provocatrice de ce monde qui nous entoure.

S’inspirant de la nature et se rendant compte du danger de l’état actuel de notre planète, son but est de sensibiliser la jeunesse à l’avenir de celle-ci notamment en ce qui concerne nos réserves d’eau naturelle.

En délivrant un message fort, Mehmet Ali Uysal nous interpelle sur les enjeux climatiques actuels, tout en nous prenant délicatement la main afin de nous faire traverser, à travers son œuvre, vers un autre continent.

L’installation s’intitule « SU » (« eau » en turc). Elle se matérialise par deux icebergs monumentaux, l’un est titanesque, l’autre, en deux parties, est plus mince et flotte vers le haut. Symbole de la fonte des glaces, cette eau se propage ensuite dans les vitrines du grand magasin, grâce à un jeu de lumière.

Au deuxième étage, s’ouvre devant nos yeux un grand bateau blanc de 17 mètres sur 8 mètres dont la forme évoque les pliages en origami de l’enfance. 

Le visiteur est invité à y entrer pour contempler depuis les hublots, à l’intérieur, un point de vue sur l’horizon. 

À la manière d’une Arche de Noé, cette installation symbolise l’espoir du monde de demain, sauvé de la montée des eaux. Elle vise à attirer notre attention sur cette matière si précieuse qui constitue un enjeu climatique et géostratégique vital pour notre planète. 

L’eau est un élément indispensable à la vie, mais peut aussi devenir une source de conflits majeurs entre les États.

Avoir accès à l’eau est désormais un enjeu économique considérable à l’échelle planétaire qui pourrait devenir, dans les siècles à venir, l’une des premières causes de tensions internationales. 

Cette installation symbolise l’espoir du monde de demain. On peut dire, sans aucun doute, que son esprit visionnaire touche déjà plus d’un en plein cœur.

Eloïse, Ebru Fesli

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