Economie, International

Mehmet Yıldırımlı : « La Suisse reste emblématique en Turquie pour son savoir-faire et son industrie du luxe »

Autre pays européen possédant un nombre non négligeable de citoyens d’origine turque, la Suisse entretient d’excellent rapports économiques avec la terre de leurs ancêtres. Nous avons été reçus au Consulat Général de Suisse à Istanbul par M. Mehmet Yıldırımlı afin de parler des rapports économiques entre la Confédération helvétique et la Turquie.

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Lors de nos discussions Mehmet Yıldırımlı nous indique que la Suisse est dans un élan d’exportation vers la Turquie, notamment sur les produits à haute valeur ajoutée (produits chimiques, montres…) ainsi qu’au niveau des services. En effet, la proximité de la Turquie ainsi que sa réactivité font d’elle un marché très prometteur. La balance commerciale de tous ces échanges est très largement en faveur de la Suisse. Ainsi les importations turques (particulièrement pour les secteur automobiles, agricoles, de métaux et de textiles) sont en forte croissance alors que les exportations turques seraient à la baisse, le niveau total des échanges demeurant lui inchangé. « La Suisse reste tout de même très attractive avec de très bons échanges au niveau scientifique », nous explique M. Yıldırımlı.

« La Suisse reste emblématique en Turquie, ainsi que dans le monde entier, concernant son savoir-faire et son industrie du luxe notamment au travers de valeurs sûres comme les montres ». On se retrouve tout de même face à quelques différences de chiffres concernant les échanges entre la Suisse et la Turquie. En effet, ceux-ci sont plus élevés du côté turc : un phénomène tout simplement expliqué par le fait qu’il existe un fort échange de métaux – or et argent – que les statistiques douanières suisses ne prennent pas en compte (à l’inverse de celles de Turquie).

Les échanges avec la Turquie sont aujourd’hui très importants car l’euro perd de sa force, il y a donc de nombreux avantages pour la Suisse (franc suisse) à traiter avec la livre turque. « Les demandes d’investissements des Turcs en Suisse se sont accrues ces dernières années, notamment dans les domaines des services (comme consultant par exemple), de la pharmacie (recherche et développement) ou encore de l’industriel ». De retour à son cabinet, M. Yıldırımlı s’était trouvé face à huit demandes d’investissement. Cela démontre bien la volonté des Turcs de se tourner vers le marché prometteur qu’offre la Suisse. Ce marché bilatéral unissant les deux pays et semblant se nourrir de la force de chacun, et des ressources que chaque partie a à offrir.

Le parcours atypique de Mehmet Yıldırımlı

Né à Istanbul de parents turcs, il grandit en Suisse et suit des études de business à Lausanne puis enchaîne avec un Bachelor à Stuttgart. Après un MBA, il commence à travailler dans la chimie et choisi de suivre un Master aux Beaux-Arts, alliant ainsi des études pour le moins hétéroclites au travers d’un travail transdisciplinaire.

Il crée ensuite un projet dans l’espoir de partir à Shanghaï, le projet est finalement accepté et Mehmet Yıldırımlı fait alors son entrée dans le département fédéral des Affaires étrangères DFAE. Suite à cela, et quelque peu lassé de la Chine, il décide de changer d’air et hésite alors entre l’Espagne, l’Amérique du Sud et la Turquie. Du fait de la crise, son choix se porte finalement sur la Turquie de par sa pluralité économique ainsi que son potentiel de développement.

Aujourd’hui, bien que né à Istanbul, M. Yıldırımlı « se sent suisse » et apprécie ce travail qui lui permet « d’être comme une petite famille suisse en Turquie où de très nombreuses organisations permettent des commerces spécifiques et hautement intéressants ».

Amélie Herbreteau

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