Chroniques

Merkel 3 et l’Europe

Angela_Merkel_(2008)En 2013, le magazine Forbes plaçait Angela Merkel en seconde position juste après Barack Obama dans le classement des personnes les plus influentes au monde.
On sait qu’elle a grandi en Allemagne de l’Est et qu’elle est titulaire d’un doctorat en physique obtenu en 1986, mais c’est en politique qu’elle fera une rapide ascension dès 1990. À deux reprises Angela Merkel a été ministre sous la chancellerie d’Helmut Kohl d’abord ministre fédéral des Femmes et de la Jeunesse de 1991 au 1994 puis ministre de l’environnement de 1994 au 1998. Aussi lorsqu’elle est élue en 1998 à la tête de la CDU, Merkel devient la première femme à diriger un parti chrétien-démocrate. Sept ans plus tard, après la victoire du parti conservateur CDU/CSU en 2005, elle est nommée Chancelière et reconduite à ce poste à deux reprises en 2009 et 2013.
Angela Merkel a la réputation d’une femme discrète et pragmatique. Cependant sa défense d’une politique de stricte austérité dans la gestion de la crise économique conduisent ses détracteurs à la qualifier de « nouvelle Bismarck » ou de « dame de fer » allemande en référence à Margaret Thatcher. Et pourtant, elle bénéficie d’une cote de popularité particulièrement élevée dans son pays, en témoigne sa victoire lors des élections du septembre 2013.
Aujourd’hui à la tête de la première puissance économique de l’UE et après avoir montré sa détermination dans la gestion de la crise économique et financière européenne, Angela Merkel va-t-elle jouer la carte de l’Europe lors de son troisième mandat ?
Connue comme une Européenne de raison, d’abord pour des motifs économiques, 60% des exportations de l’Allemagne sont destinées à l’UE, mais aussi démographiques, avec un taux de natalité parmi les plus faibles de l’Europe, pour peser sur la scène mondiale l’Allemagne ne peut que miser sur l’Europe. Rappelons aussi la présence des européens convaincus dans le nouveau gouvernement de coalition de Mme Merkel que sont Wolfgang Schäuble aux finances, Ursula von der Leyen à la défense et Peter Altmaier, nouveau bras droit d’Angela Merkel à la chancellerie. L’Allemagne peut alors aspirer à porter des propositions audacieuses pour l’avenir de l’Union dans le sens d’une plus grande intégration européenne, comme le souligne sa Chancelière : « Le devoir de notre génération est maintenant de compléter l’union économique et monétaire et de construire pas à pas une union politique ». Mais la fronde sans précédent dont elle a fait l’objet au Conseil européen du 19 décembre dernier, concernant la signature de contrats contraignants entre les Etats et la Commission européenne afin d’encadrer les réformes, montre bien qu’Angela Merkel ne pourra pas faire avancer l’Europe sans les Européens.

Mireille Sadège

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