International, Politique

Michel Aoun élu président du Liban

À 81 ans, l’ancien général Michel Aoun a été élu président du Liban par le Parlement. Le 31 octobre 2016, après deux ans et demi d’absence de chef d’État dans le pays, la victoire du candidat chrétien, soutenu notamment par le Hezbollah, est actée par la chambre des députés.img_1307Rassemblés sur la place de l’Étoile, les députés et leur président, Nabih Berri, ont annoncé les résultats de leur vote. Michel Aoun remporte 83 voix parmi les 127 députés votants. 36 votes sont blancs et 8 ont été annulés.

« Persévérant », voilà le parfait adjectif pour qualifier le caractère de Michel Aoun fort de ses soutiens, le Hezbollah, mais aussi de deux de ses adversaires : le chef chrétien maronite des forces libanaises Samir Geagea et l’ancien premier ministre sunnite Saad Al-Hariri.

C’est grâce à ces soutiens que les votes ont pu basculer de son côté lors de la 46e séance de la chambre des députés. 45 réunions avaient eu lieu dans le but d’élire un président, mais, à chaque fois, les alliés du Hezbollah et les députés de Michel Aoun boycottaient les séances pour ne pas voir élire un autre candidat.

Michel Aoun a finalement été élu pour un mandat de 6 ans renouvelables.

Depuis la fin du mois de mai 2014, à la fin du mandat de Michel Sleiman, les Libanais n’avaient pas de chef d’État. Cela fait donc deux ans et demi maintenant que le Liban connaît une crise institutionnelle sans précédent. La raison d’une telle vacance ?

Les conflits politiques et religieux dans le pays n’ont pas aidé cette paralysie des institutions. Le conflit syrien a des conséquences directes sur le Liban où le Hezbollah et les pro-sunnites s’affrontent. Cette crise a divisé le pays.

L’élection de Michel Aoun marque la victoire du camp pro-iranien. Effectivement, le candidat était soutenu par le Hezbollah engagé militairement en Syrie du côté du régime de Damas. Ce même mouvement chiite qui a été récemment qualifié de groupe « terroriste » par les capitales arabes.

En face, l’opposition n’a pourtant pas dit son dernier mot.

Incarnée par Saad Al-Hariri, ancien Premier ministre libanais de 2009 à 2011, l’opposition compte bien faire de lui le nouveau Premier ministre. Ce sera chose faite étant donné qu’il a apporté son soutien à Michel Aoun lors de la 46e de la chambre des députés et, il semble, lors de la dernière réunion des députés. M. Al-Hariri est la tête d’affiche du camp sunnite pro occidental et pro saoudien.

Au Liban, les trois grandes communautés religieuses ont souvent détenu les trois grands postes de l’État. Aujourd’hui, c’est encore le cas. Michel Aoun, le nouveau président, est chrétien. Le Premier ministre, si leur accord est maintenu, sera Saad Al-Hariri qui est musulman sunnite. Tandis que le président de la chambre des députés, Nabih Berri, est musulman chiite.

Le président Michel Aoun redécouvre ainsi le palais présidentiel de Baabda qu’il avait quitté en 1990 sous les bombardements de l’armée syrienne.

Son entrée sur la scène moyenne orientale en tant que président libanais se fera véritablement au mois de mars 2017, lors de la prochaine réunion de la Ligue Arabe.

Pascale-Mahé Keingna

 

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