Automobile, Economie

Michelin, le grand écart

Alors que le groupe Michelin totalise 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015, son président, Monsieur Jean-Dominique Senard, annonce un plan social pour son site historique de Clermont-Ferrand. 494 postes seront supprimés mais « sans départs contraints » selon l’intéressé. Comment expliquer ce grand écart entre suppression de postes et chiffre d’affaires exceptionnel ?

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Avec 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Michelin a enregistré une croissance de 8,4% sur l’année 2015. Possédant 14% des parts du marché, la multinationale française reste le deuxième fabricant de pneumatiques mondial derrière le japonais Bridgestone. C’est donc la grande forme pour le groupe clermontois dont le poumon financier, la Compagnie Financière Michelin, est implantée en Suisse près de Fribourg.
Les activités de Michelin ne se réduisent pas à la fabrication de pneus. Outre son guide gastronomique, l’entreprise du CAC 40 est aussi présente dans le numérique en proposant, par exemple, des aides de gestion à des sociétés. Le président de Michelin, Jean-Dominique Senard, déclarait début mars : « Le numérique est une vraie révolution, aussi importante que la première révolution industrielle ».
Mr Senard, qui considère que « le Code du travail est à des années-lumière de ce qu’il devrait être » veut donc réorienter Michelin vers le numérique afin de gagner de nouvelles parts de marché. Que signifie cette nouvelle stratégie pour les 112 300 salariés du groupe ?

Les premières conséquences de cette réorientation de Michelin se font ressentir au cœur même du géant du pneumatique. En effet, en début de mois de mars, Michelin annonce un plan de « réorganisation » pour son site de Clermont-Ferrand qui supprime quelques 494 postes. La direction promet qu’ « il y aura zéro départ contraint ».

Cependant les syndicats restent prudents. Michel Chevalier, délégué syndical de la CGT, alerte : « On reste vigilant, car à chaque fois qu’il y a eu un plan social chez Michelin à Clermont-Ferrand, il y a toujours eu des licenciements ». La réorientation de Michelin pourrait ainsi apporter, une nouvelle fois, de mauvaises surprises à ses employés.

 

Raphaël Schmeller

 

 

 

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