Chroniques

MUNICIPALES 2014 : Etat des lieux avant la bataille électorale

Dans quelques semaines les élections municipales vont avoir lieu en France, soit les 23 et 30 mars prochains. Après des mois de tourmente du pouvoir en place, qui bat des taux records d’impopularité, ce scrutin s’annonce comme un excellent moyen de mesurer l’état du paysage politique français au printemps prochain.

Le débat comme à chaque fois concerne beaucoup la question des grandes villes comme Lyon, mais aussi Marseille avec le duel Jean-Claude Gaudin – Jean-Noël Guerini et Paris avec l’affrontement entre Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM).
Bien au-delà de tout cela, nous sommes amenés à penser les conséquences de la politique que mène la gauche au pouvoir depuis mai 2012 et si elle aura ou non une influence sur un scrutin somme toute local.

Les médias dans leur ensemble considèrent qu’un vote sanction devrait avoir lieu contre, par exemple, l’incapacité du gouvernement à inverser la courbe du chômage, baisse pourtant annoncée plusieurs fois pour décembre 2013. En février 2014 rien ne se passe sauf une théorie du tassement du nombre de demandeurs d’emplois qui reste très contestée.
Ce scénario semblerait évident si nous ne tenions pas compte de la nature d’une élection municipale qui demande avant tout à l’électeur de se prononcer sur le bilan de la gestion de sa commune qu’il s’agisse d’une ville ou d’un petit village. Le vote sanction que l’on nous annonce n’aura alors sans doute pas lieu, du moins pas sous la forme que l’on croit.

Le cas de Paris sera sans doute fort intéressant à observer car le bilan de deux mandats de 6 ans à la tête de la Mairie de Paris par Bertrand Delanoé, laisse une gestion socialiste de la ville qui ne rend pas indifférent, tant la vie des parisiennes et des parisiens a pu changer sur ces 12 années et tant la transformation et la modernisation de la ville par l’équipe municipale sortante demeurent incontestables. De plus la candidate socialiste Anne Hidalgo semble pour le moment gagner face à la candidate UMP. Certes rien n’est joué mais des fiefs de la droite comme l’emblématique 5e arrondissement pourraient bien passer à gauche.
Tout cela fait que les résultats de cette municipale de mars 2014 ne sont pas encore joués mais une chose est presque certaine, le vote sanction réclamé par l’opposition contre François Hollande et sa politique ne sera peut être pas tant que cela au rendez-vous.
Une autre dimension de ce scrutin, selon moi, sera de connaître l’impact de la montée des mouvements radicaux extrémistes de ces derniers mois : Bonnets rouges, mouvement de la quenelle autour de Dieudonné provoquant un réveil inquiétant de l’antisémitisme, et bien sûr l’immense mouvement conservateur d’inspiration catholique qu’est la « Manif pour tous », à ce titre ce dernier vient, début février, de remporter une grande victoire avec le recul du pouvoir sur sa proposition de loi sur la famille.

Tout cela en effet aura sans doute un impact, mais les votes iront-ils vers des partis extrêmes comme le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ou le Front National de Marine Le Pen ? C’est encore bien difficile de le dire.
Toutefois attendons nous à des surprises, car dans bien des cas on annonce des triangulaires, c’est-à-dire que les candidats des autres partis que l’UMP ou le PS seront en quelque sorte les « faiseurs de rois » des nouveaux maires. Cette donnée sera importante à prendre en compte.

Enfin il faudra ne pas oublier comme « facteur aggravant », le fait que dans bien des cas, les listes dissidentes, surtout du côté de l’UMP prennent de l’ampleur. A titre d’exemple dans le 15e arrondissement ou se présente Anne Hidalgo il y a la liste du Maire UMP sortant Philippe Goujon qui doit compter avec la liste dissidente UMP de Géraldine Poirault-Gauvin. Pour le 5e arrondissement la candidate soutenue par NKM, Florence Berthout devra compter avec la liste dissidente de Dominique Tibéri, le fils du maire sortant.
Ce paramètre n’est pas négligeable car, les premiers sondages le montre, il fait le jeu des candidats adverses et donc en l’occurrence du PS, ainsi pour le 5e arrondissement, l’universitaire Marie-Christine Lemardeley est, ces temps-ci, donnée gagnante dans tous les cas de figures.
A quelques semaines de ce scrutin il faut donc rester prudent sur les résultats à venir. Nous sommes face à une situation incertaine et inédite. Une chose est sûre, au soir du 30 mars 2014 le paysage politique de la France, qui reste plus que jamais en pleine crise économique, sera recomposé, et cela aura une influence sur les élections qui suivront en avril, à savoir les européennes ainsi que, sans doute, sur les orientations politiques du gouvernement.

Dr Olivier Buirette

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