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Les murailles d’Istanbul menacées

Les anciennes murailles d’Istanbul sont menacées par des plantes « envahissantes », rapporte l’Agence Demirören.

 

La structure des murailles de Constantinople, aussi appelées murailles de Théodose II, sont en danger du fait de la prolifération de certaines plantes, alerte Hüseyin Dirik, professeur à la Faculté de foresterie de l’Université d’Istanbul.

Ce dernier explique que les plantes comme les figuiers, les micocouliers, les Ailantes glanduleux, ou encore les acacias, les saules et les peupliers créent avec leurs racines puissantes et épaisses des brèches importantes dans la structure des murailles, mettant ainsi en danger un élément considérable du patrimoine historique et culturel de Turquie en grand danger.

« Ces plantes se propagent rapidement. Elles sont belles, bien sûr, mais lorsqu’elles parviennent à s’établir sur des bâtiments historiques, elles commencent à germer et à croître rapidement. Ensuite, et en peu de temps, elles causent de grands dégâts à ces structures après avoir brisé et fendu les pierres avec leurs racines […] Les plantes herbacées ne cassent pas les structures au début, mais provoquent la formation de moisissures au bas des pierres et des murs où elles se déposent, créant ainsi un terrain parfait pour les arbres », explique Hüseyin Dirik à l’agence Demirören.

Selon ce professeur qui étudie les dommages sur les bâtiments historiques causés par les plantes, la structure des remparts défensifs qui encerclaient et protégeaient la cité de Constantinople, aujourd’hui Istanbul, est aussi menacée par les changements climatiques. Additionnés aux plantes qualifiées d’« invasives » – sous forme de mauvaises herbes ou d’arbres —, la préservation des murailles devient un enjeu crucial, le temps jouant contre ce qui n’est autre que le dernier grand système de fortification de l’Antiquité ainsi que l’un des systèmes défensifs les plus complexes qui aient existé.

Ainsi M. Dirik, qui reconnait qu’il est difficile de prévenir les dommages causés par les changements climatiques, insiste sur le fait qu’il devient indispensable d’effectuer des nettoyages périodiques pour que de telles plantes ne s’implantent ni ne se répandent sur de tels bâtiments, tout en surveillant régulièrement l’état de la structure.

« Ces plantes doivent être déracinées, détruites dès qu’elles apparaissent. Un désherbage annuel devrait suffire amplement. Nous pouvons toujours planter des plantes plus adaptées à leur place. Mais nous devons protéger et préserver notre patrimoine historique tel qu’il est, car nous ne pouvons pas reconstruire ces anciennes structures », a déclaré M. Dirik.

Impressionnant vestige du passé byzantin de la cité, les remparts d’Istanbul ont d’abord été construits par l’empereur romain, Constantin le Grand. Par la suite, les murs théodosiens, leurs 192 tours et leurs onze portes fortifiées ont commencé à s’élever en 413 sous l’impulsion de Théodose II.

Pendant plus de mille ans, cette double chaîne de fortifications a protégé Constantinople des invasions. Après avoir résisté aux Huns, aux Arabes, aux Perses, aux Bulgares ainsi qu’aux Russes et à d’autres peuples, les murailles ne suffirent pas à arrêter l’invasion de l’armée ottomane menée par Mehmet le Conquérant en 1453. Après un siège de six semaines, Constantinople tomba.

Camille Saulas

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