Art, Culture, Découverte, Société

Naz Irem Türoğlu, une violoniste surdouée

Le coronavirus a bouleversé en peu de temps le monde de la culture. Même les grandes guerres n’avaient pas touché à ce point la production culturelle puisque les cinémas et les salles de spectacle étaient restés ouverts. Après l’arrêt total des activités culturelles durant le confinement, nous assistons à la mise en œuvre de mesures de restrictions qui sacrifient sans gêne la production culturelle. Ainsi, à Istanbul, où devaient avoir lieu une multitude de festivals et de spectacles, on doit se contenter d’une programmation culturelle minimale.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu durant le mois de septembre le concert de l’Orchestre symphonique de Cemal Reşit Rey, dirigé par Cem Mansur et consacré à la musique espagnole. Le concert s’est déroulé en plein air en raison de la pandémie, tandis que le respect des mesures de distanciation sociale et le port du masque étaient de rigueur.  

Mais la surprise de la soirée fut la talentueuse soliste du concert : Naz Irem Türkmen. Âgée de seulement 14 ans, elle a su enthousiasmer et séduire le public. Il est incontestable qu’elle aime le violon, le public et la scène. 

Naz İrem Türkmen est née en juillet 2006, à Istanbul. Actuellement, c’est à Munich qu’elle poursuit sa formation musicale qu’elle a commencée à 7 ans en tant qu’élève au Conservatoire d’État d’Istanbul. La musique est une passion dans la famille de Naz Irem. Son grand-père, Semih Argeşo, a été pendant 45 ans le premier violon du premier orchestre symphonique fondé par Cemal Reşit Rey à Istanbul. Sa mère est clarinettiste et ses tantes ont également étudié au conservatoire. 

Durant l’été 2018, Naz est remarquée par les deux plus grandes pianistes de Turquie, les virtuoses et sœurs jumelles Süher et Güher Pekinel. Très vite, elle devient l’une des boursières du projet « Jeunes musiciens sur la scène mondiale » que les sœurs Pekinel ont lancé en 2010 et qu’elles présentent ainsi : « Notre but est de donner aux jeunes musiciens hors du commun la possibilité de développer et d’approfondir leur propre identité artistique et de leur permettre de se démarquer sur le plan international. Ainsi, les musiciens étudient tous dans les meilleurs conservatoires dEurope, surtout en Allemagne. Ils participent aux master class de musiciens connus, mais également aux concours internationaux. Ils reçoivent pendant leurs études des instruments du XVIIIe et du XIXe siècle. Ils se produisent également dans le cadre dimportants concerts que lon organise pour eux. Ce projet est vivement soutenu par TÜPRAŞ grâce au profond attachement à l’art de la famille Koç et d’Ömer Koç. 

Les musiciens qui prennent part à ce projet sont des artistes très doués que nous avons choisi dans des conservatoires de diverses villes de Turquie. Le fait qu’un jeune artiste soit initié à la diversité des cultures, mais aussi qu’il apprenne différentes langues est dune grande importance surtout lorsqu’il commence sa carrière. Cela aura un effet déterminant sur son avenir professionnel. En alliant notre expérience et nos connaissances quant aux processus de développement musicaux, nous avons conçu ce projet et l’avons systématisé afin que nos protégés puissent bénéficier de nos relations ».

C’est ainsi qu’en 2019 Naz a participé à la prestigieuse International Grumiaux Violin Competition en Belgique. Elle a terminé première dans la catégorie des 11-13 ans.  

Pour la mère de Naz Irem, « les jeunes musiciens talentueux soutenus par les sœurs Pekinel forment une “école” et sont désormais connus au niveau mondial. Naz Irem a énormément de chance d’en faire partie, car les sœurs Pekinel soccupent non seulement de sa formation, mais également de tout ce qui concerne sa carrière de musicienne ». 

Mireille Sadège, rédactrice en chef

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *