Art, Culture, Découverte, Société

Neuvième édition du Prix littéraire Notre Dame de Sion

Rendez-vous culturel majeur à Istanbul, le Prix littéraire Notre Dame de Sion a consacré en 2017, pour sa neuvième édition, Bahar Aslan lauréate, ainsi que la très jeune écrivaine Melisa Kesmez récompensée par la Mention.Le prix littéraire NDS

C’est en 2008 que le « Prix littéraire Notre-Dame de Sion » a été créé par le lycée et son Association des Anciens afin de manifester l’attachement de cette institution à la littérature et aux écrivains et ainsi contribuer au développement des relations culturelles entre la France et la Turquie.

Ce prix est accordé en alternance à une œuvre écrite en langue turque et à une œuvre écrite en français, traduite en turc. Cette année, l’honneur était à la langue turque.

Le jury est composé d’écrivains, journalistes, académiciens, tous diplômés de Notre-Dame de Sion (NDS).

La cérémonie se déroulait au sein du Palais de France, lieu où résonne toujours si fort l’histoire et l’amitié entre la France et la Turquie, sous le haut patronage de l’Ambassadeur de France en Turquie, mais aussi en présence de Monsieur Bertrand Buchwalter, Consul général de France à Istanbul, et de nombreux représentants de la vie culturelle franco-turque.

C’est le Docteur Mireille Sadège, Secrétaire générale du Prix littéraire, qui a introduit cette soirée en accueillant chaleureusement les 350 invités, avant de céder la parole à Monsieur Éric Soulier, Conseiller de coopération et d’action culturelle, qui a dressé un tableau de l’édition française en Turquie.

Ce dernier a souligné la place essentielle de la littérature française, classique et contemporaine, pour les Turcs. Ainsi, des œuvres telles que « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint Exupéry ou « L’Étranger » d’Albert Camus se situent respectivement au deuxième et cinquième rang des livres les plus vendus en Turquie en 2016. L’Institut français de Turquie participe pleinement à cette diffusion de la culture française en Turquie, en accompagnant auteurs et éditeurs.

Les écrivains récompensés

C’est ensuite à la présidente du jury, Madame Tomris Alpay, qu’est revenu l’honneur de présenter la lauréate Bahar Aslan pour son ouvrage « Le Journal de Moscou ».

« Construites autour du thème de l’exil en Russie, Bahar Aslan donne à voir, à travers ses nouvelles, des séquences de la vie d’ouvriers partis travailler à Moscou et leur transformation au travers des souffrances, de la solitude, et de la nostalgie ».

Elle a ensuite présenté Melisa Kesmez, titulaire de la Mention pour son roman « Le Printemps parfois » qui nous invite à affronter les soucis humains que nous avons tendance à fuir et à cacher.

Avant de laisser la parole aux deux écrivains, Monsieur Bertrand Buchwalter a exprimé sa joie de célébrer la littérature pour rappeler aux écrivains, dans ces temps où ils sont malmenés, que « leurs lecteurs ont besoin d’eux, du miroir qu’ils tendent – déformant ou pas – et de leur liberté ».

Le Consul général a également déclaré sa flamme à la littérature turque, évoquant entre autres, les poèmes de Nazim Hikmet et les romans de Yaşar Kemal, traduits par Guzine Dino et Münevver Andaç. Un élan spontané particulièrement applaudi par la salle.

Lecture d’extraits du roman de Bahar Aslan par deux lycéennes

La cérémonie s’est poursuivie par la lecture d’un extrait émouvant de l’œuvre de Bahar Aslan, au travers duquel l’on devine l’apparition d’un drame, puisqu’un homme exilé, ne parvenant pas à joindre sa femme au téléphone, pressent qu’il lui est arrivé quelque chose de grave.

Deux lycéennes, Elif Türkoğlu et Naz Arslan, ont pu lire ce passage, tour à tour en turc et en français, dans une salle où régnait un silence quasi religieux et où l’émotion était palpable chez l’auteur.

Chaque écrivain s’est ensuite exprimé, puis Monsieur Yann de Lansalut, Directeur du Lycée Notre-Dame de Sion, a clôturé les discours en invitant les élèves présents à porter, dans la continuité de leurs aînés, cette tradition littéraire : « Ce prix, nous l’avons voulu dans cette alternance des langues, car toute langue est l’expression d’un peuple et de son identité collective. C’est vrai de la langue française avec une histoire millénaire, ça l’est aussi de la langue turque. La langue et les arts sont âme et cœur d’un peuple ; et nous venons de le voir, un cœur cela se partage ».

Enfin, le Consul général de France et la Présidente du jury ont remis le Prix à Bahar Aslan et la Mention à Melisa Kesmez qui se sont ensuite prêtées avec beaucoup de gentillesse à une séance de photos et de dédicaces.

Bahar Aslan a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions

ALT : Quand avez-vous commencé à écrire ?

J’ai commencé à écrire de courtes œuvres à l’âge de 17 ans. C’est mon professeur qui me corrigeait et il se livrait à des critiques impitoyables. Mais en réalité, il m’a vraiment encouragée à poursuivre et m’a surtout convaincue que je pouvais faire bien mieux.

ALT : Pourquoi avoir choisi d’écrire ?

Je suis architecte et j’adore mon métier, mais j’ai aussi besoin d’écrire. Par l’écriture, je cherche à montrer les émotions des gens, ce qui est caché derrière chaque visage, les parcours individuels, notamment chez ceux qui souffrent de mésestime.

ALT : Quelle a été votre source d’inspiration pour ces nouvelles ? Sont-elles basées sur des histoires vraies ?

Non, ces nouvelles ne sont pas basées sur des histoires vraies, mais sur mon observation. J’ai passé sept années en Russie, à Moscou, et j’ai été largement confrontée, à travers mes rencontres, à la problématique de l’exil. J’ai pu observer tous ces parcours de gens qui laissent derrière eux leur maison, leur famille, des enfants pour différentes raisons : quête d’argent, désir d’aventures, fuite… Et j’ai voulu raconter ces parcours et mettre en lumière les émotions de ces hommes et de ces femmes, pour les partager.

ALT : Vous attendiez-vous à obtenir ce Prix quand vous avez postulé ?

Non, je ne m’y attendais pas du tout, et j’ai été très émue. Ce soir, j’ai été particulièrement impressionnée et émue par la lecture de l’extrait par les lycéennes.

Sabine Schwartzmann

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *