Cinéma, Culture

Night Call ou le vrai visage des médias américains

Night Call, en français Le Rôdeur, est un film policier américain, du réalisateur Dan Gilroy, sorti le 26 septembre 2014 à San Francisco. Le personnage principal Lou Bloom, interprété par l’acteur Jake Gyllenhaal, y parcourt les rues de Los Angeles, en captant les fréquences de la radio de la police afin de se rendre sur les lieux de crimes. Le but étant de capturer, en filmant, scènes de violence et autres barbaries.

nightcall

Lou Bloom représente le « self-made man » américain qui n’a pas froid aux yeux. Chômeur à la base, il s’est au fur et à mesure constitué un réseau jusqu’à posséder, à la fin, sa propre entreprise de production de vidéos. Un protagoniste intéressant de par sa complexité. En effet, tout dans sa personnalité est compliqué à analyser, tant sa manière de parler, de réfléchir, que de se comporter.

Le film a le mérite d’être sincère : il retrace et relate le monde sans éthique de la télévision et des médias aux États-Unis. L’actrice Rene Russo, jouant le rôle de Nina, la directrice de la chaîne de télévision locale KWLA News pour qui Lou revend les images et vidéos choc, est, d’ailleurs, tout au long du film, plus préoccupée par comment augmenter l’audience que par la qualité des informations qu’elle diffuse auprès de celle-ci. Par ailleurs, le reporter Joe Loder, incarné par l’acteur Bill Paxton, apprend à Lou l’une des règles essentielles de ce milieu impitoyable : « S’il y a des morts, ça vaut de l’or. »

Night-crawler

 

Nightcrawler, deuxième titre donné au film, pousse alors à penser ce monde des médias américain : Comment évolue-t-il ? Pourquoi est-il devenu si difficile de soumettre des informations qualitatives, autrement dit de « la bonne information » ? Mais, par-dessus tout, quel est notre rôle en tant que spectateurs parmi tout ce petit monde ? Notons, dans le cadre d’une parenthèse historique, que la télévision est l’un des médias les plus développés aux États-Unis. De plus, actuellement, 99% des foyers américains sont équipés d’une télévision. Les chaînes de télévision, mais aussi les journalistes (photo, vidéo, présentateurs, etc.) ne sont pas les seuls à blâmer. La population tout entière doit être remise en cause. Il semble, en effet, que plus les informations traitent de violence et de « sang », tout ce qu’il y a de plus gore, plus l’audience s’y intéresse.

La question pertinente à se poser, par conséquent, est la suivante : La faute est-elle finalement celle des médias qui ont rendu l’audience accro aux images choquantes ? Ou bien sommes-nous, en tant qu’êtres humains, cruels par nature, et avides de faits divers violents et choquants ?

Sara Ben Lahbib

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