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Nouveau paysage politique après la victoire de François Fillon?

Dimanche 27 novembre 2016 : Avec un score de 66,5 % aux primaires de la droite et du centre face aux 33,5 % d’Alain Juppé, nous pouvons dire que François Fillon est à présent le candidat officiel de la droite républicaine pour la présidentielle de 2017. Ce résultat pose bien sûr un certain nombre de questions concernant une réorganisation du paysage électoral de cette future consultation des Françaises et des Français quant au choix du futur chef de l’État en avril et mai 2017.

francois_fillon_img_3362Face à lui, François Fillon aura à sa droite la candidate déclarée depuis longtemps déjà pour l’extrême droite, à savoir : Marine Le Pen. Au centre se trouve déjà l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Pour la gauche, il nous faudra attendre les résultats de la primaire du Parti socialiste qui sera d’autant plus ouverte que le Président sortant, François Hollande, devait annoncer durant la soirée du jeudi 1er décembre qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession. Cet événement, relativement attendu tant le quinquennat qui s’achève a été marqué par un grand nombre d’échecs, ne va que raviver ce qui sera à présent une guerre de succession au sein du Parti socialiste avec des personnages aussi emblématiques qu’Arnaud Montebourg ou Benoit Hamon qui se sont déclarés candidats ou encore Manuel Valls qui devait démissionner de son poste de Premier ministre le 6 décembre dernier pour se lancer à son tour dans la course aux primaires. Pour le reste de l’échiquier politique de cette présidentielle, on notera que le Parti communiste soutiendra finalement Jean-Luc Mélenchon pour la gauche de la gauche.

La victoire de François Fillon à cette primaire semble donc annoncer une présidentielle assez ouverte avec de nombreux scénarios possibles puisque le président sortant en sera absent. En effet, le programme très conservateur et ultra libéral de François Fillon prévoyant un allongement de la durée du temps de travail, la suppression d’un demi-million de postes dans la fonction publique et enfin un allongement de la date du départ à la retraite et la fin des régimes spéciaux, va sans doute lui faire perdre l’électorat de droite modéré qui pourrait se rapprocher du candidat Emmanuel Macron et de son mouvement « En Marche ! » Celui-ci, dès le lendemain de la victoire de François Fillon, n’a-t-il pas d’ailleurs lancé un appel à ce type d’électeur ? En revanche, ce même programme conservateur va faire perdre des voix à Marine Le Pen. Ainsi, dans un sondage publié le 20 novembre dernier, François Fillon est donné vainqueur au second tour dans tous les cas face à Marine Le Pen. À l’heure où nous écrivons cet article – début décembre 2016 – il est encore trop tôt pour se prononcer sur la dernière inconnue de cette équation électorale, à savoir : qui sortira vainqueur des primaires de la gauche en janvier 2017, mais aussi l’évolution des opinions publiques dans les mois qui viennent. En revanche, on retiendra que la victoire inattendue et non prévue par les instituts de sondages de François Fillon à ces primaires ouvre sans conteste la marche vers une présidentielle qui sera sans doute encore pleine de surprises. François Fillon ne pouvant par exemple pas ignorer que dans ses 66,5 % du second tour de cette primaire il y a les 20,6 % remporté par l’ancien président Nicolas Sarkozy qui le soir du premier tour avait annoncé son intention de voter au second tour pour celui qui avait été son ancien premier ministre pendant 5 ans. En effet si l’on additionne les 44,1 % de Fillon au premier tour avec le score de l’ancien président on obtient 64,7 %, un chiffre très proche de celui du second tour. En conclusion, c’est bien Nicolas Sarkozy qui aura été le « faiseur de roi » dans cette primaire et c’est un paramètre qui sans aucun doute va compter dans la future campagne électorale. À gauche, ne doutons pas que le président sortant non-candidat influera sans doute sur la primaire de janvier en soutenant tel ou tel candidat, et pourquoi pas son Premier ministre Manuel Valls si celui-ci se lance.

Ainsi les prochaines semaines seront marquées par un certain nombre d’événements politiques et ce jusqu’aux primaires de la gauche en janvier. Mais, soyons en certains, la victoire très nette de François Fillon le 27 novembre dernier lève déjà un coin du voile de cette future présidentielle. Du moins pour le camp de la droite républicaine.

Dr Olivier Buirette 

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