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Nouveau président, nouvelle Assemblée nationale : la France doit faire maintenant face à ses défis futurs

Totalisant au second tour un score plus qu’honorable avec 66,10 % des votes, le plus jeune président de la République française propulsé à la magistrature suprême, Emmanuel Macron avec 361 députés (du mouvement En Marche et du Modem) ou 396 si l’on ajoute le rassemblement de ceux qui se sont rassemblés sous le nom « Les constructifs » – du jamais vu depuis longtemps -, le mouvement présidentiel et son allié du modem obtiennent la majorité absolue.

Même si nous étions loin du rejet massif de la gauche au pouvoir lors de la 2e cohabitation de 1993 avec 472 députés de la droite et du centre, il n’en demeure pas moins que nous retrouvons sans conteste depuis le mois de mai une gouvernance forte nous ramenant aux débuts de la Ve République avec un président qui dirige et un Premier ministre qui exécute.

Ce fut là tout le sens de la réunion du Congrès à Versailles, le lundi 3 juillet, avec le discours du président de la République aux deux chambres réunies : Sénat et Assemblée nationale ; suivi le lendemain du discours de politique général du Premier ministre, Édouard Philippe, à l’Assemblée, suivi du traditionnel vote de confiance.

Ainsi ces mois de mai, juin, juillet semblent trancher nettement avec les époques précédentes par un retour d’une gouvernance forte, que d’aucuns nomment « jupitérienne », que nous n’avions sans doute pas revus en France depuis une bonne vingtaine d’années si ce n’est plus.

Alors que le 14 Juillet semble consacrer de manière incontestable la victoire d’un homme, les défis sont néanmoins immenses tant sur le plan intérieur pour sortir le pays de la crise économique qui n’en finit plus que des différentes tentatives de relance de la construction européenne et de faire retrouver une position cohérente à la France entre les États-Unis de Donald Trump et la Russie de Vladimir Poutine.

Après quelques rencontres en marge des divers sommets du printemps dernier, la réception magistrale du président russe à Versailles, voici que le 14 Juillet, le président français a accueilli le président Donald Trump, et ce notamment à l’occasion des célébrations du centenaire de l’entrée des États-Unis dans le premier conflit mondial en 1917. Sans doute, les deux présidents ne parleront pas que de cela et après le sommet du G20 à Hambourg, les 7 et 8 juillet prochain, le temps sera aux repositionnements internationaux qui s’imposent.

On pourra sans doute mettre le dynamisme du jeune nouveau président au bénéfice d’une certaine relance des relations entre les États.

Toutefois, c’est bien à l’automne 2017 que les premiers défis vont venir avec notamment la fameuse réforme du Code du travail qui est promise et les syndicats ont déjà appelé pour septembre à une journée de grève.

Après le remaniement, à la suite des législatives de juin, c’est un gouvernement jeune qui se met en place avec uniquement des personnalités nouvelles. Il semble à ce sujet que le pays a suivi ce souhait de renouvellement puisque, à part quelques rares exceptions, nous ne retrouvons plus personne de la période d’avant dans les allées du pouvoir actuel. En cela, les départs de François Bayrou et de Marielle de Sarnez sont tout à fait significatifs.

Ce facteur de jeunesse et de nouveauté a créé que ce que nous appelons « l’état de grâce » qui pourra sans doute se prolonger encore un peu jusqu’à cet automne.

En se faisant élire, Emmanuel Macron a réussi à gagner une importante confiance qui lui donne en principe une large marge de manœuvre pour réformer beaucoup de choses, même si la déclaration de politique général du Premier ministre le 4 juillet dernier a insisté sur des changements qui se feront dans la concertation et sans précipitation.

Jusqu’où cela ira-t-il ? Et quelles seront les limites de ce qui ressemble à une grande marge de manœuvre ? L’avenir proche le dira sans aucun doute. Mais il faut retenir, dans ces premiers mois, le retour d’une volonté politique affirmée et cela ne sera pas sans conséquence tant sur le plan national, qu’européen et bien sûr international.

Docteur Olivier Buirette

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