Découverte, International, Société

Une nouvelle année 2018

Les mois de novembre et de décembre à Istanbul sont, pour moi comme pour les autres, très denses sur le plan culturel et politique. Par ailleurs, cette année, les décès de deux grandes personnalités de la littérature et de la musique ont perturbé le rythme de travail au sein de la rédaction qui dispose de capacités très modestes. Quant à moi, vers le 20 de chaque mois, je suis très occupé avec le bouclage de notre journal. Alors qu’une nouvelle année approche, il faut penser aux cadeaux et aux visites, tandis que la vie professionnelle continue dans le rythme de la Turquie.

Le 24 novembre, j’ai participé à la cérémonie d’ouverture de la septième session du Modèle Francophone International des Nations Unies en Eurasie, au Lycée Saint-Joseph. Depuis septembre 2016, ce lycée francophone de Turquie a un nouveau jeune directeur très dynamique. M. Paul Georges a accueilli chaleureusement tous les invités, mais a aussi suscité leur intérêt. Cet évènement annuel depuis sept ans a attiré l’attention de notre rédaction. En outre, cette année j’ai eu la chance d’être présent à la cérémonie d’ouverture. Les discours des orateurs étaient passionnants (en particulier celui de Serdar Devrim), mais surtout celui du Consul général de France, M. Bertrand Buchwalter, dont j’aimerais partager certains passages avec vous : « L’une des rencontres qui m’a le plus marqué, quand j’avais votre âge, est celle avec Hector Bianciotti. Vous ne l’avez sans doute pas encore lu, mais c’est un grand écrivain qui nous a malheureusement quittés il y a quelques années. Il est né en Argentine de parents italiens, mais a choisi comme beaucoup d’autres (Milan Kundera, Ismail Kadaré pour ne citer qu’eux) le français comme langue d’écriture et il a été le premier écrivain étranger (si l’on exclut Marguerite Yourcenar) à être élu à l’Académie française. Il parlait le français avec un accent argentin et une élégance rare !

Aujourd’hui, il y a plus de 280 millions de personnes dans le monde qui parlent le français et 84 pays participent, en tant que membres ou observateurs, à l’Organisation internationale de la francophonie. Certaines projections estiment qu’il y en aura trois fois plus d’ici 2050, ce qui ferait du français l’une des langues les plus parlées au monde !

C’est en tout cas une langue de l’avenir. C’est déjà la cinquième langue mondiale, la troisième langue des affaires et c’est toujours une langue de la diplomatie puisque c’est l’une des langues de travail de l’Union européenne, de toutes les organisations internationales, mais aussi la langue dans lesquels sont rendus les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne !

En Turquie, plus de 10.000 élèves comme vous sont accueillis dans le réseau bilingue et celui de l’AEFE. Ils contribuent aussi à faire rayonner le français ici ! »

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Un second évènement a attiré mon attention : la Micro-Folie de l’Institut français d’Izmir qui a réuni le 14 décembre, pendant le vernissage, des personnalités de la francophonie. J’ai eu la chance de me rendre une nouvelle fois à Izmir où j’ai fait mes études universitaires entre 1977 et 1983. Sur l’invitation de la directrice de l’Institut culturel français d’Izmir, Madame Caroline David, je faisais partie des invités. Profitant de cette occasion, j’ai pu échanger avec S.E.M. Charles Fries, l’Ambassadeur de France en Turquie, qui m’a annoncé sa participation au lancement, au mois de mars 2018, de notre livre « Les Unes d’Aujourd’hui la Turquie ». Par ailleurs, il faut souligner l’accueil très chaleureux de M. Didier Fusillier, président de La Villette et initiateur du projet, et de Mme Rebecca Bouillon, chef de projet. À ce propos, vous pouvez lire l’article de Camille Petit-Saulas dans ce numéro.

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Enfin, il y a eu un troisième évènement remarquable en cette fin d’année : l’invitation de mon ami Mehmet Yıldırımlı, le conseiller commercial de Suisse en Turquie, dans le « Chalet » de Suisse Hôtel qui m’a permis de me retrouver parmi les hommes d’affaires de Suisse.

C’est ainsi que j’ai terminé l’année 2017 en pensant à Jean D’Ormesson (mais sans oublier le grand chanteur Johnny Hallyday) : « Un jour, je m’en irai sans avoir tout dit ». Je lui réponds avec L’Adieu de Ismail Cem, ancien ministre des Affaires étrangères de Turquie, écrit en 1995 à New York :

À une date bien lointaine, / Lorsque je serai très vieux, / Je partirai sans faire de bruit / Sans me faire voir des autres / Et sans déranger personne. / Sur ma table : / Le travail qui reste d’hier, / Des écrits qui ont abouti, / Des livres qui attendent d’être lus / Et quelques souvenirs et espoirs. / Tirer sur la queue des éléphants, / Franchir les montagnes, telle était ma mission. / Les jours sont finis, les éléphants sont toujours là. / J’ai fait de mon mieux… / Vous vous occuperez du reste. / Ma vie n’était pas inutile. / Elle pouvait être plus remplie, mais / Je me dois de dire « C’est déjà ça… » / Voilà, chers amis, / Comment je devrais faire mes Adieux.[1]

 Je vous souhaite une bonne année 2018.

Dr. Hüseyin Latif, directeur de publication

[1] Traduit par Müge Gürs.

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