Politique

« Nuit debout » ou l’appel démocratique

Le mouvement « Nuit debout » s’est constitué spontanément après les manifestations contre la loi Travail, dite aussi loi El Khomri, qui ont eu lieu le 31 mars en France. Les manifestants avaient appelé à poursuivre la grève pendant la nuit sous le slogan « Après la manif, on ne rentre pas chez nous. On passe la nuit debout. » Cette nuit a permis de poser les bases pour poursuivre les protestations.

C’est la troisième nuit déjà passée à l’extérieur. Le mouvement s’étend, les revendications aussi. François Ruffin, réalisateur du film « Merci Patron ! » s’est exprimé le dimanche 3 avril sur la place de la République, alors que la manifestation battait son plein. Son intervention a été filmée et retransmise en direct sur Periscope, réunissant près de 80000 internautes. A ce stade, les revendications étaient focalisées sur la lutte contre le projet de loi.

Le laboratoire d’une nouvelle expérience politique ? 

Aujourd’hui,  les réseaux sociaux aidant,  la place de la République est le théâtre d’un mouvement aux revendications plus vastes. Parce qu’il ne se rattache à aucun parti et s’affranchit des structures politiques en place, certains médias le qualifient de « vague », ayant peu foi en l’investissement politique des militants. D’ailleurs, ils n’hésitent pas à utiliser le champ lexical « libertaire-hippie-cheveux » dans le vent. D’après eux, on assisterait à un laboratoire où s’expérimente une nouvelle manière de faire de la politique, alternative et teintée d’utopie. Un joyeux bordel, en somme, dans une ambiance bon enfant.

Dans ce contexte, le principal obstacle auquel se confronte le mouvement semble être son manque de crédibilité. La question de la pérennité est alors posée. Pour l’heure, le mouvement entend surtout témoigner d’une prise de conscience générale et réussit à faire écho en catalysant les indignations et lassitudes envers la politique actuelle.

Se montrer et se mettre en scène

Tel est l’outil utilisé qui exprime le souhait que la classe politique considère le peuple et cesse de le nier. Cette même classe politique qui rompt le débat, bloque la vie publique, étouffe l’espace public et creuse de plus en plus le fossé avec le peuple français.  Au-delà d’un mécontentement, le mouvement témoigne de leur inaptitude à l’exercice démocratique.

Manon Guilbert

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *