Culture, Tourisme

Nuits d’étoiles en Italie

Il est de ces pays qui, trop vite, vous bercent de mélancolie, que ce soit en empruntant leurs ruelles, en naviguant sur leurs eaux ou ne serait-ce qu’en sillonnant au gré des habitations, des passants, des places et des boutiques. Ces territoires qui vous séduisent, dans lesquels vous êtes serein, vous êtes bien, c’est certain, vous ne voulez plus les quitter. L’Italie m’apparaît comme un sourire, merveilleuse et triste, elle me souffle un chemin fait d’embuscades et de délicatesses. Laissez-moi vous guider dans cette Italie aux senteurs d’agrumes et de café. 

Du Val d’Aoste aux Cinque Terre

Je commencerai par quelques images, des photographies, des arrêts momentanés qui viennent figer un lieu, une histoire. Ainsi, évoquons le Val d’Aoste : région autonome, frontalière de la France comme de la Suisse. aosteElle est une étendue de massifs montagneux où roches et fleurs s’assemblent dans un joli mélange. Empruntez alors les longues courbes du col du Petit Saint-Bernard avant d’arriver aux pieds d’un petit jardin botanique fait de plantes médicinales. Le vent sur vos visage allié à l’air pur de la vallée vous inondera et vous apaisera avant que vous ne vous engouffriez au sein des terres italiennes, rythmées par les cries, les joies et les discussions continues des jeunes et des anciens.

turinPassez alors par Turin. Ville industrielle, elle n’en n’est pas moins charmante. Traversée par le Pô, la cité turinoise respire le calme et la tranquillité, d’innombrables arcades marchandes se répandent aux quatre coins de la ville donnant bien souvent accès à quelques bars à vin agrémentés d’un savoir œnologique des plus intéressants. Non loin de Turin, les grands lacs, de Garde à Côme en passant par Orta, à l’azur de l’eau se reflètent les vertes collines environnantes, le temps de quelques nuits aux réveils bien dociles, la vie est belle. Au sud du Piémont, Gênes et son aquarium mais surtout la Ligurie des Cinque Terre. Bordées par la méditerranée, Monterosso al Mare, Vernazza et Riomaggiore s’avèrent être trois communes disposées au beau milieu de criques. Ici, ni routes ni voitures mais un sentier escarpé liant les villages et ses habitants, pêcheurs, prêtres, artistes et petits commerçants.

Cinqueterre

Perspectives et rêveries

Tant de contrastes et de villes aux couleurs hétéroclites dans ce pays unifié en 1870. Je pourrais vous amener à Trévise, Ferrare, Bergame, Pise, Bologne ou encore Venise. Je le pourrais, mais ne le ferais pas. L’Italie est un trésor à ciel ouvert, peu importe les diamants et autres ornements, elle est capitale du monde de par son art et sa culture, foyer de la Renaissance, du Baroque, du futurisme, fondatrice du néo-réalisme, créatrice d’une myriade de fantaisies, elle est ingéniosité et inlassablement beauté. Je ne connais que peu de pays capables d’aligner autant de cités et de provinces aux différences si fortes. L’identité italienne est, inaliénable, sans doute, mais elle est avant tout l’assemblage de plusieurs identités. Allez en Sicile, allez à Milan, allez à Bari, allez en Calabre, allez où vous voulez, dialectes et fiertés régionales sont autant de richesses que d’étonnements pour ce peuple si particulier. Ainsi, devant faire des choix puisque tout est sujet à écrire, je continuerai mon périple par l’Ouest délaissant alors la côte adriatique.

Ma Toscane aux mille charmes

MontepulcianoDes vignes et des cyprès entourant les routes et recouvrant l’onde de l’horizon. A perte de vue, du vert, quelque fois du jaune, une couleur ocre, des chemins de terres qui semblent vous appeler, paisible est l’atmosphère. Ainsi, nous nous rendons à Montepulciano, accueillant quatorze mille habitants dans ses remparts. Le cadre est propice à la réflexion, la philosophie et l’évasion. Macchiavel, Dante ou encore Pirandello, nombreux sont les auteurs à s’y être rendu pour trouver Dame Inspiration. A quelques kilomètres se trouve Sienne. Si on la connaît pour sa fameuse course de chevaux le jour du Palio, épreuve qui, historiquement, faisait s’affronter les quartiers de la cité ; Sienne, ville aux cents ruelles de pavé, fait partie de ces endroits où, tranquillement assis à la terrasse d’un café, le journal entre les mains et un croissant sur la table, vous vous dites bien que le bonheur n’est pas si loin.

Florence vous attend, minutieusement disposés sont les bijoux dans les boutiques recouvrant le Ponte Vecchio. La ville vous fait face de par son dôme de marbre blanc et sa majestueuse cathédrale Santa florenceMaria del Fiore. Non loin, le Palais Pitti, auparavant habité par les Médicis, mécènes de Léonard de Vinci, Michel-Ange mais aussi Brunelleschi et d’autres encore, abrite dorénavant la Galerie d’Art moderne. Le musée des Offices, lui, recouvre un certain nombre d’œuvres du Caravage, de Raphaël et de l’ensemble des artistes du Quattrocento. Pour prendre un peu de hauteur, pourquoi ne pas aller flâner dans les jardins de Boboli surplombant l’Arno et cette incontestable ville-musée.

 

Rome ville ouverte

Au dialecte et aux mœurs bien figés, le romain arpente chaque jour les plus belles rues d’Italie. Vous marchez, vous ne savez pas trop où vous allez, et puis, à l’angle d’une rue, surgit une façade, anodine pour celui qui vit là mais inédite pour vous. Rome est un puzzle de morceaux d’histoire, Rome est grecque, Rome est étrusque, Rome est romaine. Sorrentino la dépeint parfaitement dans la Grande Bellezza. Marchant sur les quais du Tibre, le Pontroma Sant’Angelo au dessus de votre tête et le Vatican à quelques mètres, brume du matin et lever du soleil à l’aurore creusent en vous autant d’émotions que de sensations. Du Trastevere au Colisée, que de places et de personnes âgés, discutant, assises sur un banc, la canne à leur côté. Il est minuit, vous sortez dehors vous balader, et devant vous, la fontaine de Trevi, personne, le lieu est désert, vous imaginez la scène de la Dolce Vita et vous riez, vous riez. Non loin, une affiche de Francesco Totti, oui, vous êtes en Italie, il calcio est bien là, lui aussi.

La vérité d’une Italie méridionale

naplesDe Naples à Palerme en passant par Salerne, Agrigente, Amalfi, Syracuse ou encore Catane, le Sud de l’Italie, tissé par la Calabre, la Campanie et la Sicile, est territoire de solidarité, d’entraide, de liberté, de rires, de pleurs, de possibles, de respect et d’espoir. C’est ce même Sud qui sera porteur d’avenir pour un pays qui continue de se rechercher, de se développer, et de sortir d’une impasse politique désormais trop claire et dépourvue d’alternatives. Plutôt que la mafia, les déchets et la saleté, évoquons le regard de ces gens, qui est empli d’espérances. La vraie vie, ici, se passe aux cotés de Pompéi, du Vésuve et de l’Etna. On déguste en ces lieux la pasta alla norma, le mazzancolle ou encore i fiori di zucca. On oublie alors ses problèmes. Entourés d’amis, on est bien, il y a la mer, le temps est bon, le ciel est bleu, la vie est là.

 

M.T

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *